Mardi 16 juillet 2019 | Dernière mise à jour 16:26

Suisse Pacte des migrations: Cassis n'est pas pressé

Ignazio Cassis estime que ce ne serait pas «une catastrophe» si la Suisse ne signait pas vite le pacte sur les migrations de l'ONU.

Le ministre des affaires étrangères veut un débat national.

Le ministre des affaires étrangères veut un débat national. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Si la Suisse ne signe pas le pacte de l'ONU sur les migrations en décembre mais plus tard, le ministre suisse des affaires étrangères Ignazio Cassis peut s'en accommoder. Ce ne serait pas «une catastrophe», déclare-t-il samedi dans des journaux du groupe Tamedia.

Ce qui est important, c'est qu'une large discussion soit menée au niveau national, poursuit-il dans l'interview. Si un tel débat n'est pas mené, «des dizaines de propositions seront faites au Parlement, demandant un nouvel office, dix postes supplémentaires et une loi, bien qu'il ait déjà été expliqué qu'il n'y avait pas besoin d'agir», précise M. Cassis. Le protocole d'accord de l'ONU, juridiquement non contraignant, doit être signé lors de la conférence internationale de Marrakech, au Maroc, prévue les 10 et 11 décembre. La commission des institutions politiques du Conseil national a recommandé vendredi par 15 voix contre 9 au Conseil fédéral de s'abstenir. Elle estime que la Suisse ne devrait pas s'engager, au niveau international, en faveur d'objectifs pouvant être en contradiction avec sa législation, sous peine de porter atteinte à la cohérence de sa politique migratoire.

Harmoniser les critères

Le pacte vise à définir des critères harmonisés pour une migration ordonnée. Il s'agit de renforcer l'aide fournie sur place, lutter contre la traite des êtres humains et le trafic des migrants, sécuriser les frontières, veiller au respect des droits de l'homme, au rapatriement et à la réintégration ainsi qu'à l'intégration durable dans le pays d'accueil.

Le catalogue de mesures prévues diverge avec le droit suisse concernant la détention en vue de l'exécution du renvoi ou l'expulsion de mineurs âgés d'au moins 15 ans. La législation suisse l'autorise alors que le pacte recommande de l'éviter.

Mais le Conseil fédéral a estimé que cela n'empêchait pas l'adhésion puisque chaque Etat peut choisir les mesures qu'il veut utiliser pour atteindre les objectifs. Ces derniers comme les principes directeurs sont eux en parfaite conformité avec la politique migratoire suisse, estime le gouvernement. L'UDC n'en mène pas moins la fronde contre le texte, qu'elle accuse d'être incompatible avec une gestion indépendante de l'immigration.

Après une analyse de détail, le Conseil fédéral a annoncé qu'il signerait un texte jugé dans les intérêts de la Suisse et élaboré sous la houlette de son propre ambassadeur auprès de l'ONU. Seuls l'Autriche, les États-Unis, la Hongrie et l'Australie se sont retirés du protocole d'accord. (ats/nxp)

Créé: 03.11.2018, 03h22

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.