Samedi 11 juillet 2020 | Dernière mise à jour 22:39

CFF Il paie plus cher pour son vélo que pour lui-même

Pour rentrer du boulot sans polluer, Didier Gogniat a mis sa bécane dans le train à l'aller, entre Morges et Yverdon. Cher, le trajet!

La réponse des CFF

«Notre activité de base est et reste le transport des voyageurs. Effectivement le train et le trajet que vous empruntez exigent une réservation pour le vélo de 5 francs entre le 21 mars au 31 octobre, ceci est dû au compartiment vélo restreint et a une grande affluence durant cette période. Un train rempli de vélos présente un risque pour la sécurité. De plus, nous avons déjà pu le constater, le manque de place en résultant est bien souvent désagréable pour les autres voyageurs, voire susceptible de déclencher des conflits entre ceux-ci et nos collaborateurs.Les CFF considèrent également que la combinaison "vélo + train" est écologique, économique et pratique. Nous entendons par conséquent conserver cette prestation et même la développer en aménageant nos nouveaux véhicules en conséquence. Ces dernières années, nous avons aussi créé davantage de parkings à vélos dans les gares.»

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Il dit que ce qui le gonfle, c'est le manque de bon sens. Habitant à Morges et travaillant à Yverdon, Didier Gogniat s'est senti «poussé par un élan global de mobilité douce», raison pour laquelle il s'est mis en tête de rentrer régulièrement du boulot en vélo, d'Yverdon à Morges. Du coup, le matin, il a chargé sa bécane dans le train. C'est là que tout s'est compliqué: «Je paie plus cher pour mon vélo que pour moi-même», s'étonne cet usager.

À la fois «sensible à l’environnement» et «soucieux de son bien-être», Didier Gogniat a voulu renoncer à sa voiture au profit de l’ICN de 7h42, lequel passe de Morges à Yverdon en 23 minutes, contre 40 minutes en voiture.

Surtaxe de réservation en plus du billet pour vélo

Horaire garanti le matin, retour sportif le soir en un tour d'horloge, en variant les trajets: la variante train-vélo semblait idéale. Sauf que... Le billet pour un vélo vaut autant sur ce trajet que le prix payé par son détenteur en demi-tarif.

«Voulant faire correctement les choses, je lui ai pris à lui aussi son petit abonnement annuel à 250 francs», raconte Didier Gogniat, goguenard. C'était compter sans une surtaxe de réservation de 5 francs...

Calcul vite fait

Le calcul sera vite fait: «Alors que mon billet me coûte 10 fr. 20, celui de mon vélo coûte 15 fr. 20, soit 50% plus cher que mon propre billet», peste Didier Gogniat.

Un trajet de 23 minutes pour 25 fr. 40, c'est cher payé, alors qu'un aller-retour sans vélo vaudrait 20 fr. 40. Trois alternatives s'offraient alors au Morgien: payer 99 francs pour un sac à vélo, à condition de démonter la roue avant du vélo, prendre un régional et faire une escale ou... reprendre la voiture!

«Je vais faire le plein à ma voiture et remettre à demain mon idée saugrenue de vouloir sauver un bébé phoque, finalement à quoi ça sert un bébé phoque?», soupire Didier Gogniat.

Un post Facebook de Didier Gogniat partagé plus de 1000 fois

Pour le Morgien, «la personne qui a mis en place la politique tarifaire pour les vélos aux CFF n’a probablement jamais pris le train et encore moins avec un vélo.» Face aux contraintes tarifaires, il interpelle le service clientèle des CFF, qui lui répond: «Si vous voulez éviter de payer un titre de transport pour votre vélo, et dans certains cas une réservation, il faut effectivement démonter la roue avant, même s'il s'agit d'un seul arrêt». Dans un sac, un vélo devient un bagage transportable gratuitement.

Dans sa réponse, une spécialiste des CFF concède toutefois: «Je suis d'accord avec vous, votre vélo, correctement suspendu, est beaucoup moins dérangeant que celui déposé au sol», dans un sac.

Pour les CFF, «il n'est effectivement pas intéressant pour nous, ni pour nos clients, d'avoir des sacs au milieu du passage». Précision de la Division voyageurs: «Nous faisons confiance à tous nos usagers pour organiser au mieux leurs bagages, vélos et poussettes afin de déranger le moins possible les autres voyageurs.»

Réaction de Didier Gogniat: «Je comprends bien que certains trains aient moins de places que d'autres pour les vélos. Je peux comprendre qu'il y ait un système de réservation, mais je ne peux pas comprendre et il semblerait que personne y compris le personnel roulant ne comprenne la politique tarifaire….»

Correctement pendu à un crochet, son vélo blanc lui a coûté 15 fr. 20 en demi-tarif, alors qu'un vélo noir présent au même moment a voyagé gratuitement tout en occupant deux places...

Vincent Donzé

Créé: 29.06.2020, 06h45

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