Samedi 25 mai 2019 | Dernière mise à jour 14:45

Technologie Des paroisses romandes séduites par la quête digitalisée

L'application «La Quête» qui permet de faire des offrandes avec son smartphone se développe en Suisse romande. Des responsables de paroisse tirent un premier bilan.

À la basilique de l'abbaye de Saint Maurice, il est désormais possible de donner à la quête via une application.

À la basilique de l'abbaye de Saint Maurice, il est désormais possible de donner à la quête via une application. Image: KEYSTONE/Anthony Anex

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La scène paraît immuable. À la fin de l'office, un panier en osier passe dans les rangs de l'église. Les fidèles sortent leur porte-monnaie, cherchent un peu de monnaie ou glissent un billet. Mais ce rituel connaît une véritable mutation 2.0 avec l'arrivée d'applications dédiées.

Il y a bientôt 3 ans, la start-up Obole Digitale lançait La Quête. Cette application permet aux paroissiens de faire un don grâce à leur téléphone. Plus besoin de sortir son porte monnaie, il suffit de rentrer ses informations bancaires dans l'app, choisir une paroisse, et décider du montant à donner.

Après avoir convaincu plus de 5000 paroisses, principalement en France, l'application se développe en Suisse Romande avec quatre paroisse présentes sur la plateforme.

Bilan positif...

À Genève, la Paroisse Catholique Saint François de Sales a tenté l'aventure il y a déjà plusieurs mois. «Techniquement, rien ne change, explique Grégory de Foy, membre du conseil de paroisse. Il y a toujours les traditionnels paniers qui circulent pendant l’Offertoire, mais, en plus, quelques paroissiens sortent leur téléphone à ce moment-là au lieu de leur portefeuille.»

Pour M. de Foy, cette application arrive au bon moment, alors que le cash a tendance à se tarir dans les portes monnaies. «Aujourd’hui entre 15 et 20% de la quête dominicale passe par l’application. Je pense qu’on peut encore augmenter ce pourcentage même si je reste persuadé que l’app ne remplacera pas le cash intégralement».

... et mitigé

C'est un autre son de cloche du côté de Château d'Oex où se réunit la Communauté Catholique du Pays-d'Enhaut. «Nous avons lancé La Quête il y a presque un an, raconte Bernard Vollerin, trésorier de la paroisse. Mais nous n'avons pas eu le succès escompté.»

À l'office, seuls deux paroissiens sortent systématiquement leur téléphone. «De manière générale, les Suisses sont plutôt attachés à la monnaie physique», analyse le trésorier vaudois. Au total, la paroisse ne récolte qu'environ 50 à 80 francs par mois grâce à l’application.

Appel aux dons

Même si l’application est quelque peu boudée à Château d’Oex, on reste certain de son intérêt. «La Quête permet de récolter des dons en dehors des cérémonies religieuses, il n’est pas rare de recevoir un don un soir de semaine par exemple», explique Bernard Vollerin.

L’application peut également être utilisée pour des levées de fonds. Pour sa prochaine collecte des deniers du culte, la paroisse de Château d’Oex inclura un code QR renvoyant à La Quête dans sa lettre d’appel au don. «On risque également d’utiliser cette plateforme pour financer le remplacement de nos orgues», prévoit Bernard Vollerin.

Une abbaye 2.0

L'abbaye de Saint Maurice, en Valais, vient de lancer l'application chez elle. Avec Notre-Dame de l'Assomption à Neuchâtel, c ’est la dernière paroisse apparue sur l’app en Suisse romande. «On l'a activée il y a seulement quelques jours», explique Olivier Roduit, procureur (l'économe général ndlr.) de l'abbaye.

Convaincu qu'il faut vivre avec son temps, M. Roduit a fait sauter le pas à Saint Maurice. «C'est une technologie intéressante, il n’y a pas de raison de s’en passer.» Et l’économe de souligner un point important. «L’application ne nous coûte rien, Obole Digitale prend juste une légère commission sur les dons.»

À Genève, La Quête a même permis d’accroître les sommes récoltées. «Étonnement, nous n’avons pas constaté de diminution des montant reçu en cash», raconte Grégory de Foy. Ainsi, les dons à la paroisse ont augmenté de vingt pour cent depuis le lancement de l’application.

Encouragement du diocèse

Le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg soutient ces nouveaux moyens de collecte. «Il s’agit d’une méthode à promouvoir, parallèlement à la méthode habituelle, explique sa porte-parole Laure-Christine Grandjean. Au début 2017, nous lancions un appel aux paroisses du diocèse afin de tester l’application La Quête

Appel semble-t-il entendu en Suisse romande, mais c'est avant tout le bouche à oreille qui a permis la diffusion de l'application dans la région. Tous les responsables avouent avoir beaucoup discuté entre eux avant de sauter le pas.

Reste que les autres offres d'Obole Digitale n'ont pas encore trouvé leur place en Suisse romande. Les borne de payement par carte qui veulent remplacer les traditionnels troncs, où les panier digitaux n'acceptant que les cartes n'ont pas encore trouvé preneurs. (nxp)

Créé: 14.03.2019, 14h25

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