Lundi 24 février 2020 | Dernière mise à jour 16:55

Suisse Le Parti pirate passe le cap des 2000 membres

Trois ans après sa fondation, le Parti pirate suisse vient de dépasser les 2000 membres. Coup de projecteur sur le jeune parti qui monte et qui pourrait bien investir le Parlement en 2015.

Lors de son assemblée générale en juin 2012, le Parti pirate a élargi son spectre à la politique européenne de la Suisse.

Lors de son assemblée générale en juin 2012, le Parti pirate a élargi son spectre à la politique européenne de la Suisse. Image: Keystone

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Le Parti pirate suisse (PPS) a doublement de quoi fêter. L’un des leurs, Alex Arnold, est devenu dimanche maire de la commune d’Eichberg (SG). C’est la première fois qu’un pirate accède à une telle fonction.

L’autre heureux élu s’appelle Nicolas Seriot. A 35 ans, ce développeur informatique lausannois est le 2000e membre du parti. Pour marquer le coup, il visite ce vendredi, dernier jour de session, le Palais fédéral en compagnie de Pascal Gloor, vice-président du PPS.

«J’ai adhéré au parti dans l’idée de me rendre utile et de pouvoir apporter mon expertise sur certains sujets, explique le nouveau pirate. Cela fait un moment que je votais pour le PPS, car je me sens proche des thèmes qu’il défend. J’apprécie cette sensibilité libertaire et ouverte qui permet d’aborder des sujets allant de Billag à la liberté religieuse, en passant par la libre circulation des informations sur internet», souligne Nicolas Seriot.

Bien réseauté à Berne

Fondé en juillet 2009, le Parti pirate suisse a fait du chemin. «Aujourd’hui nous sommes pris au sérieux sur l’échiquier politique, déclare Pascal Gloor. Nous sommes devenus des interlocuteurs reconnus dans nos domaines d’excellence». Par exemple en animant un forum de réflexion et une table ronde sur le droit d'auteur, en compagnie notamment de la SUISA et d'autres acteurs du monde musical. Les pirates suivent aussi de très près le développement du vote électronique.

Reste que sans élu à Berne ou dans les cantons, il paraît difficile de faire bouger les choses. Pascal Gloor relativise: «Nous sommes bien réseautés sous la Coupole fédérale et nous pouvons y faire entendre notre voix. C’est par exemple Denis Simonet, l’ancien président du parti, qui a donné une séance d’information sur ACTA aux parlementaires. Et puis nous avons des relais pour poser des questions ou interpeller le Conseil fédéral», souligne le pirate bernois.

Signe de maturité selon Pascal Gloor, le PPS a en outre élargi le spectre de sa politique. Lors de la dernière assemblée générale en juin, le parti a pris position sur la politique européenne de la Suisse. «C'est oui à l'Europe, mais pas au travers de l'Union actuelle, pas assez démocratique selon nous», rappelle le vice-président du parti.

Pour le politologue

Pour Lukas Golder, politologue à l’institut GFS Berne, cette ouverture à de nouveaux thèmes est encore loin d’un programme politique complet. «Les pirates appliquent à la politique traditionnelle des concepts fortement liés aux technologies de l’information, comme la liberté, la transparence ou la «sagesse des foules» (Crowd Wisdom). Cela peut fonctionner très bien pour certains sujets, mais cette analogie informatique a aussi ses limites. Par exemple pour des dossiers très complexes, du type politique agricole». Au final, il est plus facile d’appliquer à tous les sujets politiques une doctrine écologiste qu’une ligne estampillée Open Source.

Cette relative ouverture sur le programme, si elle déroute certains électeurs, n’est pas qu’un désavantage pour le parti. Notamment dans les communes ou les petits cantons, où les élections se font davantage sur la personnalité des candidats que sur le programme de leur parti. «Cette liberté de pensée propre au Parti pirate et aux petites formations permet l’émergence de politiciens très capables à des postes exécutifs», analyse Lukas Golder.

Et en 2015, le Parti pirate pourrait bien envoyer son premier élu au Palais fédéral. Il vise deux sièges. «C’est jouable dans un grand canton, où le nombre de voix n’est pas trop élevé, estime le spécialiste. Mais il faut pour cela que le parti s’organise mieux et suive une stratégie dès aujourd’hui».

Créé: 28.09.2012, 09h00

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