Vendredi 19 juillet 2019 | Dernière mise à jour 12:10

Justice Le pédophile jugé à Yverdon exprime «sa très grande honte»

Le procès d'un pédophile récidiviste s'est ouvert mardi à Yverdon-les-Bains. L'homme a reconnu les faits et exprimé sa «très grande honte».

Le pédophile récidiviste est jugé la le Tribunal d'Yverdon-les-Bains.

Le pédophile récidiviste est jugé la le Tribunal d'Yverdon-les-Bains. Image: ARCHIVES / PHOTO D'ILLUSTRATION/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un pédophile récidiviste est jugé depuis ce mardi 16 décembre à Yverdon-les-Bains (VD). Il avait été débusqué par l'opération «Delego» lancée en 2009 et révélée en 2011 par les Etats-Unis.

Déjà condamné à Genève en 2005 pour des actes sexuels commis sur ses filles entre 2000 et 2001, l'accusé n'avait purgé alors qu'une quarantaine de jours de prison. Sa peine avait été suspendue au profit d'un traitement ambulatoire.

Homme manipulateur

L'homme, employé de commerce, a réussi à tromper pour ainsi dire tout le monde, thérapeutes compris. Il a replongé surtout à partir de 2009 dans le monde de la pédophilie sur internet. Un monde abyssal comme le tribunal a pu s'en rendre compte.

Un cauchemar pas seulement à cause des milliers de photographies consultées sur internet, mais aussi parce que l'on découvre une structure très hiérarchisée, avec des consommateurs lambda mais aussi des membres VIP ou super VIP qui participent à cette «communauté».

Pour atteindre le sommet, il faut devenir producteur de matériel pédopornographique, avec du fait maison (homemade). «C'est un engrenage, une addiction, j'ai pu prouver que j'étais le photographe», a raconté l'accusé, qui n'a pas caché que «ça flattait» son ego.

Rechute et frustration

Malgré le suivi thérapeutique, «j'ai rechuté», a admis l'accusé, souvent en pleurs lors de l'audience. Il a expliqué ces actes par une «grande frustration sexuelle» et l'absence de rapports sexuels avec son épouse, dont il est aujourd'hui séparé.

L'homme né en 1966 affirme n'avoir jamais eu d'attirance pour les enfants, mais avoir éprouvé ces pulsions devant des photographies. «Je ne pensais qu'à moi, je voulais assouvir cette déviance», même avec ses propres filles dont les photos continuent de circuler aujourd'hui sur internet.

Pas de distinction

Pour l'expert psychiatre, une telle division entre monde réel et univers virtuel n'existe pas. A la fin, il y a des enfants qui sont victimes de ces pratiques, a affirmé le praticien de l'hôpital psychiatrique de Cery. Il s'est montré dubitatif sur la transformation que prétend avoir vécu l'accusé depuis ses 21 mois d'incarcération au Bois-Mermet (VD).

En août 2011, les États-Unis ont annoncé le démantèlement de ce vaste réseau pédophile opérant dans une dizaine de pays. Au total 72 personnes ont été inculpées, dont trois en Suisse. Incarcéré en juin 2011, l'accusé a pu ressortir en février 2013, en vue de son procès.

Rapport de séduction

Le pédophile est séducteur. Il y a un rapport de séduction très fort entre le père et ses filles, a expliqué l'avocate de la cadette. Il a fallu l'intervention du Service de protection de la jeunesse (SPJ), autrement elle ne l'aurait jamais dénoncé.

A la reprise de l'audience, la fille aînée de l'accusé est venue témoigner à la barre, alors qu'elle aurait pu refuser. Elle a prononcé un véritable plaidoyer en faveur de son père, à nouveau en larmes.

Appel au pardon

«C'est mon père, il a toujours été là pour moi, dans n'importe quelle situation», a lancé la jeune femme âgée aujourd'hui de 21 ans. «Je sais que c'est grave ce qu'il a fait, mais je lui pardonne et je ne vois pas pourquoi vous ne lui pardonneriez pas», a poursuivi celle qui dit avoir été la principale victime de ses déviances sexuelles.

«Je vais bien, j'ai une vie normale, un petit ami et je parle aussi au nom de ma sœur. On est en train de se reconstruire, ce serait horrible pour mon père de retourner en prison. Ne nous reprenez pas notre père, par pitié», s'est-elle exclamée, avant d'aller l'embrasser et de quitter la salle du tribunal.

Un cauchemar

Lorsque les États-Unis ont annoncé le démantèlement du réseau, le ministre américain de la justice Eric Holder avait indiqué que les membres du site prétendaient «qu'agresser sexuellement des enfants est un comportement acceptable qui ne doit pas être criminalisé (...) Le projet fou de créer cette communauté en ligne (...) n'était rien d'autre qu'un cauchemar».

Réquisitoire et plaidoiries sont prévus mercredi. (ats/nxp)

Créé: 16.12.2014, 13h27

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.