Mercredi 18 septembre 2019 | Dernière mise à jour 10:54

Humeur Pesticides: vous en reprendrez bien encore une tasse?

Après soixante ans d'utilisation, les chimistes de la Confédération découvrent que certains pesticides sont mortels... Alors que c'est écrit sur les produits.

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L'Office fédéral de l'agriculture semble découvrir ou redécouvrir que dans le mot pesticide, on trouve le suffixe «cide» pour tuer. Cela tue les toutes petites bêtes, mais aussi les grandes, plus lentement. Pour qui a vécu dans le microcosme agricole, on disait: «C'est tout de même pas de l'Ovomaltine...» Ce qui est intéressant dans cette nouvelle évaluation de certains pesticides, c’est qu’on découvre qu'ils sont nocifs pour le cerveau des embryons humains! Les chimistes en auraient donc trouvé des traces jusque là, bien loin des champs de choux, des vignes ou des vergers de pommiers.

Epoque révolue

Si on a avalé du chlorpyrifos et clorpyrifos-méthyl pendant 59 ans, on peut bien s'en reprendre une petite tasse pendant une année pour finir les stocks. C'est ce que préconise l'Office fédéral de l'agriculture pour trois produits sur les douze interdits. Les producteurs peuvent aussi recourir et faire durer la rentabilité des molécules tueuses pendant une année ou deux de procédures. L'odeur du chlorpyrifos, pour qui a grandi dans les champs environnants, pourra agir encore comme une madeleine de Proust d'une époque bientôt révolue.

Coïncidence...

Saluons cependant cette réaction des autorités suisses face à l'industrie agro-alimentaire à une semaine du débat du Conseil national sur les deux initiatives qui visent les pesticides de synthèse. La coïncidence mérite d'être relevée, quand on sait avec quelle magnanimité on traite les producteurs de molécules à Berne. Il était temps de lâcher quelques vieux produits pour montrer de la bonne volonté et affaiblir l'argument des initiants. Pas certain que cela suffise à désamorcer la pompe.

Combien de victimes ?

Ce qui n’est pas dit aujourd'hui, c'est combien de personnes se sont empoisonnées avec ces produits. Combien de personnes ont vu leur vie écourtée sur plus de deux générations. Dans une exploitation, souvent un ouvrier agricole était pour ainsi dire «promu» aux traitements et au sulfatage. Personne n'a jamais disputé sa place. Après les boilles, il y a eu les machines et maintenant les hélicoptères. Bien sûr, tous ces produits et tant d'autres affichent le sigle de la tête de mort et les tibias croisés. En fait, il suffisait pour les chimistes de l'OFAG de lire la notice.

Créé: 13.06.2019, 11h03

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