Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 09:56

Bienne «Peter K. sera toujours le bienvenu dans sa, ma maison»

Le mécanicien qui a acheté la maison du forcené désormais interné n'en finit pas de la transformer.

Un autre éclairage sur le forcené

Pour Albert Glaus comme pour le cinéaste Laurent Wyss et son acteur Manfred Liechti, la vente forcée de la maison de ses parents a déclenché la furie de Peter K, mais le journaliste et député Mohamed Hamdaoui fournit un autre éclairage sur le forcené: «Enfants, il nous faisait un peu peur. Disons qu'il nous impressionnait par sa taille, sa stature et son côté impénétrable. Je me souviens l’avoir vu piquer de grosses colères», témoigne Mohamed Hamdaouai.

Ses colères, Peter K. les dirigeait souvent contre des fonctionnaires en uniforme: «Il s'en prenait aux facteurs qui lui apportaient un recommandé», rapporte Mohamed Hamdaoui, qui a passé son enfance dans le quartier des Tilleuls et qui y est retourné, à 200 mètres de la maison de Peter K., passée aux mains d'Albert Glaus.

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Quand il a acheté aux enchères la maison du forcené biennois Peter K, pour 405 000 francs, le mécanicien Albert Glaus savait à quoi s'en tenir: «Peter K. voulait me tordre le cou», se remémore le nouveau propriétaire du chemin Mon-Désir 9, alors menacé de mort.

Sept ans plus tard, maintenant que le Tribunal régional Jura bernois-Seeland a ordonné une mesure d'internement qui sera réévaluée dans deux ans, puis chaque année, le nouveau propriétaire ouvre sa porte au «matin.ch»: «Je ne crois pas à sa libération, mais quoi qu'il arrive, Peter K. sera toujours le bienvenu dans sa, ma maison», sourit-il.

Boîte de pralinés

Albert Glaus avait tendu la main à Peter K. Mais la boîte de pralinés envoyée en prison était revenue en retour avec des menaces: Peter K. lui déconseillait de planter ne serait-ce qu'un clou dans sa maison...

Refroidi, le mécanicien n'a pas maintenu le contact avec le forcené qui avait défié les autorités et la police pendant neuf jours, en 2010, pour s'opposer à la vente de la maison familiale exigée par sa sœur.

Barrière en bois

Dix ans après l'arrestation du forcené, Albert Glaus est heureux dans la maison mitoyenne qu'il ne finit pas de transformer. Il vient de se faire livrer une clôture en bois pour remplacer celle qui pourrit, côté route.

La maison de 1920 a été agrandie par des balcons. L'entrée a été modifiée. Sur la façade Est, Albert Glaus désigne l'impact d'une balle qui a ricoché lors d'une fusillade. Son opinion est faite depuis longtemps: «Peter K, n'est pas l'auteur du tir qui a blessé un policier», dit-il.

Deuxième étage

En grimpant l'escalier menant du deuxième étage, Albert Glauser ne dit que du bien du forcené: «Il a bien eu raison de s'opposer à la vente de sa maison, puisque sa sœur avait hérité d'un chalet à Plagne».

Le jardin était à l’abandon: ses voisins ont apprécié le changement de propriétaire. Albert Glaus qui habite au premier étage loue le rez-de-chaussée à sa fille, mais elle partira bientôt. Au deuxième étage, inoccupé à l'époque, il vient d'aménager un duplex qui monte jusqu'au faîte du toit, qu'il a isolé.

«Il en veut toujours à sa soeur, mais pas à celui qui a acheté la maison. Il la garde en mémoire telle qu'il l'a connue», témoignait la semaine dernière le plus grand fan de Peter K., Johannes Zweifel. Le forcené ne se fait aucune illusion: à 76 ans: ses chances sont minces de recouvrir la liberté.

Pas réglée

Actuellement incarcéré à la prison régionale de Thoune, Peter K. se croit encore en détention préventive. Il pense que son affaire n’est pas définitivement réglée, alors que toutes les voies de recours sont épuisées. Il est tantôt persuadé qu’on l’accuse d’avoir violé sa sœur, tantôt qu’on le soupçonne d’avoir tué son propre père.

Albert Glaus ne s'est pas rendu au tribunal pour écouter les experts. Il était occupé par ses chantiers. Mais Peter K. reste à ses yeux un citoyen «seul contre l'État», en référence au titre d'un film en phase de montage.

Une maison, c'est bien, mais bientôt retraité, Albert Glaus rêve de voyage au volant du camping-car qu'il retape dans son jardin.

Vincent Donzé

Créé: 12.03.2020, 06h58

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