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Genève Pour un petit pipi, elle ira jusqu’au Tribunal fédéral

Pour l'avocat Robert Assaël, l'amende de 350.- reçue par sa cliente «relève du racket».

Agnès a écopé d’une bûche de 350 francs parce que «Michka»
a uriné sur ce trottoir.

Agnès a écopé d’une bûche de 350 francs parce que «Michka» a uriné sur ce trottoir. Image: Maxime Schmid

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Il est énervé, Robert Assaël. L’avocat pénaliste genevois vient d’être mandaté par la propriétaire de «Michka», qui a écopé d’une amende de 350 francs parce que son caniche nain a uriné sur le trottoir (lire nos éditions des 1er et 2 décembre) «Ma cliente est révoltée par cette amende injuste. Elle est déterminée à aller jusqu’au Tribunal fédéral pour la faire annuler.» La mésaventure d’Agnès, 72 ans, la propriétaire de «Michka», touche l’avocat genevois. «Cette amende est scandaleuse et infondée. Ce ne sont pas trois gouttes d’urine qui ont souillé le passage Montbrillant qui est, par ailleurs, un véritable dépotoir!» Il est vrai que les «lieux du crime» où «Michka» a commis son forfait sont assez peu engageants…

L’ordonnance pénale de 350 francs (dont 150 francs d’émolument) va donc être contestée auprès du Service des contraventions. L’avocat genevois est exaspéré: «L’émolument, équivalent à 75% de l’amende, n’est rien d’autre qu’un impôt déguisé. Cela relève du racket, tellement il ne correspond pas au coût effectif de l’établissement de l’amende. Et puis, surtout, on se demande si la Ville n’a pas autre chose de plus important à faire que de traquer les chiens qui font pipi. Pendant ce temps, à quelques centaines de mètres, les dealers doivent avoir le sourire…»

Fichier ADN pour crottes

Le chef du Service de la sécurité et de l’espace publics de la Ville de Genève, Antonio Pizzoferrato, a rappelé dans les colonnes du «Matin» qu’il existe, en ville de Genève, 21 parcs à chiens ainsi que des lieux de promenades où les pipis des animaux sont tolérés. Question: «Et que fait-on si, sur le chemin, l’animal a besoin d’uriner? Faut-il lui mettre des Pampers ou construire des WC pour animaux?» sourit malgré tout Robert Assaël. «C’est une tragicomédie», renchérit Agnès, qui vit désormais dans la peur de se faire bûcher avec «Michka».

«Cette affaire dénote une dérive des priorités que les politiques devraient suivre. J’espère que l’on n’arrivera jamais à la tenue d’un fichier ADN des chiens pour identifier leur propriétaire, comme le maire de Béziers est en train de l’élaborer! Ça serait pathétique!»

A Xàtiva (Espagne) ou dans certaines communes du Grand Londres, les autorités sont déjà parties à la chasse aux déjections canines sauvages en créant une base de données ADN permettant de remonter jusqu’au chien et à son maître…

Créé: 09.12.2016, 06h28

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