Samedi 4 juillet 2020 | Dernière mise à jour 03:38

Bienne «Notre petite terrasse ne gêne en rien le passage!»

Trois tables et six fauteuils devant la vitrine d’un café: le mobilier d'une terrasse biennoise est perçu par la Ville comme une infraction au concept élaboré pour renforcer l’attractivité du centre-ville.

L’avis de l’administration

«Au cours des dernières années, la demande pour la réalisation de nouveaux restaurants, bar et take-away à Bienne est croissante. De pair avec cette tendance, l’augmentation du nombre de demande pour l’aménagement de terrasses voire l’extension de terrasses existantes. Nous avons de la compréhension pour ces demandes et sommes conscients que le fait de disposer d’une terrasse est un avantage certain pour la restauration. Toutefois, il est également primordial que l’espace publique ne soit pas privatisé outre mesure et de veiller à un certain équilibre entre les différents usagers et l’attribution des terrasses».

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Le local servait de salon de coiffure, dans une rue piétonne de Bienne. Quand elle l’a vu en location, Martine Vojtasik n’a pas hésité: le 18 août dernier, elle en a fait un café. Un investissement qui n’a pas porté ses fruits: «Les badauds passaient devant sans regarder la vitrine», rapporte cette tenancière.

Le regards ont changé le jour ou elle a posé trois tables et six fauteuils devant la vitrine. Mais l’inspection de la police, le département de l’urbanisme et celui des infrastructures sont passés pas là... «On m’a demandé de retirer ce mobilier qui n’empiète qu’à moitié sur la chaussée vu l’inclinaison de la vitrine», s’étonne Martine Vojtasik. Las! Le concept de la rue du Marché prévoit des terrasses positionnée dans l’espace centrale.

Au milieu de la rue, sur un espace délimité par des pavés, le Café Centaure dispose de six tables. Problème, avant la pose du mobilier devant la vitrine : «Ceux qui s’y attablaient adressaient leur commande à l’établissement d’en face, sans remarquer notre café», rapporte Martine Vojtasik.

Mobilisation

Surprise, la tenancière a pris le pouls de ses clients. Résultat: une pétition jointe à la demande formelle envoyée ce vendredi à l’inspection de la police pour l’installation d’une petite terrasse, rue du Marché 29. Une rue qu’elle a choisie en relevant son manque de «jolies devantures». «À quoi ça sert d’élaborer des concepts pour favoriser l’attraction si dans un quartier où de nombreux commerces sont vides on met des bâtons dans les roues de ceux qui s’y installent», peste l’enseignant socialiste Pascal Oberholzer, signataire de la pétition.

«Des largeurs de passages minimales sont à garantir sur les trottoirs et les places publiques notamment pour les piétons (parfois avec poussettes ou en chaise roulante) ainsi que les véhicules d’urgence et d’entretien», explique pour sa part l’avocat André Glauser, responsable du département de la sécurité publique.

«Notre petite terrasse ne gêne en rien le passage!», répondent Martine et David Vojtasik dans leur demande. «Le camion des éboueurs passe sans problème, comme sans doute celui des pompiers», constate la patronne du Centaure.

Un «aménagement cohérent»

En une année, cinq nouveaux établissements ont été autorisés à la rue du Marché. Tous ont requis l’ouverture d’une terrasse dans l’espace centrale. «Le traitement de ces requêtes impliquait un minimum de coordination avec les terrasses existantes et à venir», remarque André Glauser

Ce dernier s’en tient à un concept prévoyant que «l'espace entre les façades et les terrasse demeurerait libre et permettra une circulation aisée des piétons dans ce secteur vivant du centre-ville». Avec en prime, «une meilleure visibilité des façades, vitrines et enseignes du rez-de-chaussée».

Un non-sens pour Martine Vojtasik, qui a besoin d’une terrasse devant sa vitrine pour séduire les passants. Autre argument: l'ensoleillement réchauffe sa devanture, mais pas la terrasse du milieu de la rue, qui sera mise au repos jusqu'au printemps.

Autre souci: l’inégalité de traitement suggérée par d’autres terrasses installées devant les immeubles, dans la même rue où l’administration préconise un «aménagement cohérent et ordonné» des terrasses dans l’espace central, partiellement arborisé.

Créé: 26.10.2018, 21h15

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