Samedi 6 juin 2020 | Dernière mise à jour 16:20

Amende Le pipi de «Michka» revu à la baisse

À Genève, la propriétaire du caniche qui avait écopé d’une bûche de 350 francs et son avocat remportent une victoire d’étape. Mais ils iront jusqu’au Tribunal fédéral s’il le faut.

Agnès, 72 ans, avait été collée pour quelques gouttes d’urine près de la gare Cornavin.

Agnès, 72 ans, avait été collée pour quelques gouttes d’urine près de la gare Cornavin. Image: Maxime Schmid

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C’est déjà ça. Le Service genevois des contraventions a décidé de diminuer la bûche infligée à Agnès, 72 ans, la propriétaire de «Michka», amendée en novembre dernier pour les quatre gouttes de pipi de son chien au passage Montbrillant, à côté de la gare Cornavin. De 350 francs (dont 150 francs d’émolument), l’amende s’élève désormais à 160 francs au total (dont 60 francs d’émolument). Si la facture est revue à la baisse, c’est parce que la propriétaire du caniche a mandaté un avocat, Me Robert Assaël, et que ce dernier a fait opposition à la première ordonnance pénale. Une «tragicomédie» comme le relève Agnès, qui vit désormais dans la peur de se faire coller avec son petit chien.

Dans son ordonnance pénale datée du 30 mai, le Service des contraventions relève que le montant de l’amende est fixé en fonction de la faute commise et de la situation du contrevenant. En l’espèce, Madame Agnès est une simple retraitée pour qui la somme de 350 francs ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. La décision du Service des contraventions contente-t-elle Me Robert Assaël? L’avocat ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué: «C’est une victoire d’étape! Ma cliente est déterminée à se battre jusqu’au Tribunal fédéral s’il le faut, pour faire annuler purement et simplement cette contravention arbitraire.» L’avocat genevois fait ses comptes: «Cent francs l’amende, c’est encore 25 francs la goutte d’urine, avec un émolument de 60 francs: c’est inacceptable! Quelle que soit l’importance de l’affaire, quand la loi est violée, il faut la dénoncer et aller jusqu’au bout.» Opposition va être formée. La prochaine autorité qui se penchera sur les quatre gouttes d’urine de «Michka»? Ce sera le Tribunal de police.

Élan de solidarité

La sanction infligée à la propriétaire de «Michka» a entraîné un immense élan de solidarité entre propriétaires de chiens à Genève. Pour venir en aide à Madame Agnès s’est créé le Mouvement de défense des propriétaires de chiens de Genève (MDPCG), qui a lancé une pétition afin de faire modifier la loi stipulant que les «déjections» canines devaient être amendées. Le texte a recueilli plus de 5330 signatures. Il a été remis vendredi dernier à la Commission des pétitions du Grand Conseil. «On ne peut juste pas amender l’urine des chiens», conclut Manuel Alonso Unica, président du MDPCG.

Créé: 07.06.2017, 06h42

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.