Vendredi 19 octobre 2018 | Dernière mise à jour 08:24

Animaux Pas de pitié pour les homards

La décision du Conseil fédéral d’interdire de bouillir vivant ce crustacé apprécié pour sa chair fait un buzz mondial. Et suscite surtout les moqueries.

Image: iStock

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Les homards n’inspirent pas vraiment la compassion. Et la Suisse pas vraiment le respect. Les agences de presse se sont ruées sur l’information, jugée «insolite»: le Conseil fédéral a interdit mercredi le transport de homards sur la glace. Comme de jeter ces crustacés vivants dans l’eau bouillante: il faut auparavant les «étourdir» par électrocution ou par un choc à la tête. Cette décision s’est donc retrouvée hier sur des sites de médias des quatre coins du monde. Et elle amuse beaucoup…

En Grande-Bretagne, les réactions des lecteurs semblent relativement partagées. Sur le Telegraph et le Guardian – 400 commentaires hier à midi – certains saluent la fin d’une pratique cruelle. D’autres ricanent. On se demande si le chef doit adresser une prière à l’animal avant de jeter l’animal dans l’eau, s’il existe en Suisse une police du homard ou si l’animal a été consulté avant de le cuisiner.

Dans les médias francophones, on tombe souvent sur une avalanche de commentaires. Même si, là aussi, une partie applaudit, la grande majorité peste, fustige un problème de nantis ou tourne la décision en dérision. «Débile!» tranche un lecteur du Parisien. «2018 part en vrille!» ou «Les huîtres, faudra-t-il aussi les assommer avant de les gober?» lit-on sur 20minutes.fr

«Le ciel est-il tombé sur la tête de nos sympathiques voisins?» commente un lecteur du Figaro. «Quand je repense aux huîtres que j’ai dégustées au réveillon, je suis tout ému (sniff)», ironise un autre, du Monde. Sur Yahoo actualités, on dénonce l’absurde: «La Suisse interdit de noyer les poissons!» ou encore «Tout homard subissant ce sort a la possibilité de saisir le Tribunal cantonal pour obtenir réparation».

Partout, on se moque de ce pays qui forcerait à tuer les homards avant de les tuer. Et on propose l’anesthésie, l’hypnose ou la balle dans la tête pour d’autres: huîtres, moules, palourdes, escargots. «À quand l’aspersion d’un sédatif sur les pissenlits avant de passer la tondeuse», balance même une lectrice du Journal de Montréal.

L’essentiel des médias s’était contenté hier de publier la nouvelle sans l’enrichir. Sauf au Canada et on le comprend: le homard y est un produit iconique, cette industrie pesant des centaines de millions de francs. Radio Canada propose par exemple un reportage complet. On y rappelle que les homards ressentent vraisemblablement une forme de douleur. On y entend le grand chef Jérôme Ferrer s’interroger: «Mais est-ce que sa mort est plus douce en lui fracassant la tête?» Mais on reste dans le même registre: le sort du homard n’émeut pas les foules. (Le Matin)

Créé: 12.01.2018, 06h34

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