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Libye Non aux «plateformes de débarquement»

Le projet européen de créer des centres de débarquement de migrants récupérés en mer ne convainc pas les pays d'Afrique du Nord.

Image: Archives/Photo d'illustration/AFP

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La Libye et ses voisins d'Afrique du Nord restent opposés au projet européen visant à créer sur leur territoire des «plateformes de débarquement» de migrants afin d'éviter qu'ils n'arrivent directement dans l'UE. Le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohamad al-Taher Siala, l'a rappelé dans un entretien publié vendredi en Autriche.

«Tous les pays d'Afrique du Nord rejettent cette proposition - la Tunisie, l'Algérie, le Maroc et la Libye également», a déclaré au quotidien Die Presse M. Siala, qui effectuait une visite officielle à Vienne cette semaine. L'idée de réfléchir à de telles plateformes a été lancée lors d'un sommet européen fin juin.

Mais depuis le début, les pays d'Afrique du Nord susceptibles d'accueillir ces centres sont opposés à cette idée. Selon M. Siala, environ 30'000 migrants illégaux se trouvent actuellement en détention en Libye et «environ 750'000» seraient sur le reste du territoire libyen.

Le ministre affirme que la Libye collabore avec l'UE pour renvoyer ces migrants dans leur pays d'origine. «Malheureusement, certains pays refusent de les reprendre», a-t-il poursuivi, mentionnant ceux d'Afrique de l'Ouest. Afin d'endiguer le flux des arrivées en Libye, M. Siala a expliqué que son pays a conclu des accords avec le Tchad, le Niger et le Soudan pour renforcer la protection de sa frontière sud.

Besoin d'aide

De nombreuses organisations internationales, dont Le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) des Nations unies, critiquent régulièrement les mauvais traitements subis par les migrants en Libye. «Nous faisons de notre mieux, mais nous avons des problèmes financiers», a expliqué le ministre à propos de la situation dans les centres de détention.

Interrogé sur ce que l'UE pourrait faire pour aider à protéger cette frontière, M. Siala a suggéré l'envoi d'une «aide logistique: des véhicules tout-terrain, des drones, des hélicoptères et peut-être quelques armes légères».

Conférence prévue

Une conférence sur la Libye, visant à progresser vers une stabilisation du pays, se tiendra les 12 et 13 novembre à Palerme en Sicile. Le chef de la diplomatie libyenne a estimé «ne pas penser» que cette rencontre puisse constituer «un tournant» pour son pays.

Plongée dans le chaos depuis la chute du dictateur Mouammar Kadhafi dans une insurrection soutenue par l'Otan en 2011, la Libye est devenue un des principaux pays de transit pour les migrants subsahariens tentant de rejoindre l'Europe à partir de ses côtes. (ats/nxp)

Créé: 19.10.2018, 12h56

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