Mercredi 3 juin 2020 | Dernière mise à jour 11:44

App Pollens: Sortez les mouchards!

L’app gratuite Ally Science veut mobiliser les deux millions d’allergiques que compte la Suisse. Pionnière, elle va permettre de lancer la plus vaste étude jamais menée.

Edito

Le «Koh-Lanta» du pollen. Si on jouait?

Vous voulez faire un acte citoyen? Cessez d’abord de regarder cette émission de télé-réalité française ridicule qui n’aura servi qu’à titrer ces lignes. Et précipitez-vous sur votre smartphone pour télécharger l’application qui devrait changer vos futurs printemps, étés, voire automnes. Big Brother is not watching you. Ce grand frère-là est bienveillant et protecteur.

Rien d’intrusif. Du participatif. Sur vos mobiles, vous avez déjà plusieurs choix pour vous informer des statuts polliniques. Aujourd’hui, la Haute École spécialisée de Berne et l’Hôpital universitaire de Zurich vous proposent de contribuer à l’élaboration de la plus grande étude scientifique jamais menée en Suisse sur les allergies aux pollens. Elles vous offrent aussi du contenu. Du ludique, du graphique, de l’historique. Multiples finalités. Rien que pour vos yeux qui brûlent. Joli pied de nez bouché. Vous pouvez donner de la voix éraillée et même un nouveau souffle à l’avenir.

Au bout de votre engagement, vous. Vous, encore. Ce projet, monté dans des délais fulgurants, avec un budget de départ de 300'000 francs, a trouvé des partenaires: le Centre d’allergie suisse aha!, logique; et Dyson, l’aspirateur n’est pas offert aux participants ;-). Une étude pour répondre à des tas d’interrogations, pour toucher toutes les tranches d’âge, qui subissent cette pellicule dorée et retorse.

Alors, au boulot contre le bouleau & Co. Utilisons la technologie 4.0 même si le mood est à la détox de l’écosystème hyperconnecté. Au pire, les petits joueurs éternueront.

Evelyne Emeri
evelyne.emeri@lematin.ch

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Un quart des Suisses souffrent de troubles physiques, plus ou moins handicapants, durant la saison pollinique. Deux millions de personnes qui reniflent, qui toussent, qui pleurent, qui s’essoufflent (sportifs) ou qui sifflent (asthmatiques). Près de la moitié a entre 15 et 30 ans et peine à se retrouver dans les radars des tableaux cliniques que les spécialistes tentent de dresser. Nombre d’allergiques aux pollens des arbres ou aux graminées préfèrent recourir à une automédication coûteuse, salvatrice pour les cas légers, inutile pour les cas lourds.

Communautaire et citoyenne

Hier matin, en plein boom d’allergènes (bouleau, frêne, charme), la Haute École spécialisée bernoise (BFH) et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ) ont levé le voile sur une application qui se veut communautaire et citoyenne, disponible dans les quatre langues nationales ainsi qu’en anglais. Appelée Ally Science, elle devrait permettre de sensibiliser et de toucher plus largement la population impactée.

«L’Institut d’informatique médicale de la BFH a déjà réalisé plusieurs projets pilotes du même type, notamment dans le domaine de la sclérose en plaques et de l’oncologie, explique son responsable», le Pr Serge Bignens. «Le patient citoyen est au centre. C’est lui qui documente la recherche et, partant, la soutient.»

Les utilisateurs d’Ally Science peuvent tenir leur propre journal et consulter les prévisions polliniques. Mieux, en temps réel, ils peuvent partager leurs propres symptômes dans les différentes régions du pays (répartition par district) où ils se trouvent. «Une mise à jour se fait toutes les 5 minutes. C’est comme la carte radar de MétéoSuisse», précise encore Serge Bignens. Les données sont stockées sur une plate-forme sécurisée, utilisées anonymement et aboutissent uniquement à l’Hôpital universitaire zurichois. Chacun peut choisir si et à qui il souhaite fournir ses propres informations à des fins de recherche.

Lanceurs d’alertes

Cette méthodologie digitale de la BFH bernoise a conquis le Pr Peter Schmid-Grendelmeier, chef du Service des allergies à l’USZ. C’est lui qui a contacté la haute école. En un temps record, dès l’automne dernier, cette dernière et ses étudiants ont fait le pari d'être opérationnels pour le printemps 2018. Pari tenu avec les mises à jour qui s’imposeront. Sur la seule journée d’hier, à 22 h, 2104 personnes s’étaient déjà inscrites sur la nouvelle app.

«L’idée est de mieux aider les patients et de démontrer aux autorités qu’il s’agit d’un vrai problème de santé publique, détaille le Dr Schmid-Grendelmeier. «Avec les résultats de cette étude, nous pourrons mieux pronostiquer et diagnostiquer. Les systèmes d’alerte précoces seront améliorés de même que les prises en charge des allergiques.»

Nos conseils contre le rhume des foins.

Créé: 25.04.2018, 13h43

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