Jeudi 4 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:30

Décès Pompes funèbres et Covid-19: est-il risqué de s'occuper des morts?

Les entreprises qui mènent les défunts jusqu'à leur dernière demeure ont aussi dû prendre des mesures. Mais pas forcément celles que l'on imagine.

Les services funèbres en cercle restreint ajoutent à la douleur des familles en deuil. Ici, une cérémonie récente à la chapelle d’Arcangier à Vevey (VD). Le défunt a été emporté par le coronavirus.

Les services funèbres en cercle restreint ajoutent à la douleur des familles en deuil. Ici, une cérémonie récente à la chapelle d’Arcangier à Vevey (VD). Le défunt a été emporté par le coronavirus. Image: Pompes funèbres générales Lausanne

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Très vite depuis le début de la pandémie, la Confédération a ordonné des restrictions s'agissant des services funèbres. Seulement dix personnes, y compris les officiants, peuvent y assister en respectant les mesures d'hygiène et les distances sociales. Cette contrainte, surajoutée à la perte de l'être cher, est douloureuse mais doit être comprise et acceptée.

Directeur des Pompes funèbres générales à Lausanne, Edmond Pittet confirme que c'est «difficile». Il nous explique en revanche que les familles, malgré la crise sanitaire, ont la possibilité de continuer à accompagner leurs défunts emportés par le coronavirus durant tout le processus préparatoire, depuis le décès jusqu'à la cérémonie.

Inquiétude autour de la propagation

«En voyant ce qu'il se passait à l'étranger, nous nous sommes préparés très tôt, il y a environ quatre semaines. Nous savions que la Suisse (ndlr. le premier décès intervient au CHUV le 5 mars) ne serait pas épargnée, confie l'entrepreneur vaudois. On a commencé à s'organiser. Et à se renseigner auprès de médecins. Notre principale inquiétude était de savoir si les patients atteints de cette maladie étaient susceptibles de propager le virus après le décès. Cas échéant, comment réorganiser notre travail et l'entier du rituel?»

Pas de transmission mais...

«Nous avons eu des avis très sûrs dès le départ. Nous ne courons aucun danger. L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a déjà établi plusieurs directives à ce sujet. La dernière actualisation date de ce mercredi 1er avril. Elle stipule clairement que les personnes décédées ne peuvent pas transmettre le virus», poursuit le directeur. La directive de l'OFSP indique aussi «qu'on ne peut pas totalement exclure que des sécrétions infectieuses restent sur le corps. Comme pour les autres maladies infectieuses, les mesures habituelles de sécurité doivent être respectées». Envelopper le corps dans un drap imbibé de désinfectant et fermer immédiatement le cercueil n'est pas requis.

... attention aux poumons

«Lors des manipulations et de la mise en bière, notre personnel est toujours très précautionneux. Le Covid requiert certaines mesures complémentaires: port d'un masque, de gants et de lunettes en permanence. Nous nous sommes équipés en fonction et avons formé nos équipes à affronter ce nouveau virus, complète le directeur-adjoint, Robin Grech. Nous procédons, comme toujours, à un minimum de manipulations. Par respect.» L'OFSP recommande précisément de les limiter et d'éviter celles inutiles pouvant expulser de l'air hors des poumons.

«Aucun danger pour les familles»

«Les corps peuvent être inhumés ou incinérés, voire embaumés. C'est rassurant pour nous. Et pour les familles, c'est très important. Elles ne sont ainsi pas amputées du rituel conventionnel. Elles ne prennent aucun risque, insiste Edmond Pittet. Les proches peuvent toujours visiter leurs défunts qui reposent dans les chapelles ou les centres funéraires, les veiller, être présents lors de la fermeture du cercueil, ainsi qu'à la cérémonie et au cimetière.»

L'Office fédéral de la santé publique demande en revanche aux familles d'éviter tout contact direct avec la dépouille. Des barrières ou des vitres doivent être installées devant les cercueils ouverts. En outre, en vue d'apaiser les craintes, le Conseil d'Etat vaudois vient d'adopter un arrêté qui garantit aux proches de pouvoir vivre leur deuil dans le respect de leurs croyances et de leurs valeurs.

Environ 60 cas

Les Pompes funèbres générales ont renvoyé leur personnel (env. 50 employés) à la maison. «Nos collaborateurs télétravaillent ou sont atteignables sur appel lorsqu'il faut venir s'occuper d'une personne décédée. Ces derniers interviennent à deux comme toujours. Avec des masques, des gants et des blouses qui vont à la blanchisserie une fois le corps préparé», conclut Edmond Pittet.

Depuis le premier décès du 5 mars à Lausanne, l'entreprise a accueilli une soixantaine de patients morts des suites du Covid-19 en provenance de tous les hôpitaux vaudois, également d'établissements médico-sociaux (EMS).

Evelyne Emeri

evelyne.emeri@lematin.ch

Créé: 03.04.2020, 06h50

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