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Suisse Des pratiques amorales de sociétés suisses pointées

L'ONG Public Eye a remis lundi à Zurich son premier prix d'investigation créé à l'occasion de ses 50 ans.

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Photo d'illustration. Image: Keystone

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Deux journalistes sont récompensés pour leurs enquêtes dénonçant des pratiques irresponsables de sociétés suisses dans des pays en développement ou émergents.

La journaliste indépendante Marie Maurisse s'est intéressée aux recettes secrètes des géants suisses du tabac en Afrique, en particulier au Maroc, où plus de 3,6 milliards de cigarettes «Made in Switzerland» ont été exportées en 2017. Des tests exclusifs réalisés pour son enquête, publiée par l'agence d'investigation sociale et économique Vesper.media, révèlent l'existence d'un double standard, écrit lundi Public Eye.

Pas illégal

Les cigarettes produites en Suisse et vendues au Maroc par Philip Morris International et Japan Tobacco International présentent des taux de particules totales, de nicotine et de monoxyde de carbone plus élevés que celles destinées au marché helvétique.

S'il apparaît peu moral, le procédé n'est cependant pas illégal en Suisse, précise l'enquête. En effet, contrairement à la directive en vigueur dans l'UE, la législation helvétique permet aux géants du tabac installés en Suisse de fabriquer et d'exporter des cigarettes plus nocives et plus addictives que celles commercialisées sur son territoire. Or, selon l'OMS, les décès liés au tabac vont doubler en Afrique d'ici à 2030.

Répondant pour Swiss Cigarette, la faîtière groupant les trois fabricants suisses contactée par Keystone-ATS, Japan Tobacco International précise que de nombreux pays dans le monde ont des «limites d'émission pour les cigarettes différentes de celles appliquées en Suisse ou dans l'UE». On peut ainsi produire en Suisse des produits du tabac respectant les limites des pays auxquels leur exportation est destinée, précise la compagnie. Aucune cigarette n'est sans risque, ajoute le fabricant.

Transport maritime

Le second lauréat est le journaliste belge Gie Goris. Dans une enquête publiée par le MO*Magazine, il dénonce les conditions dans lesquelles des compagnies, dont en particulier le numéro deux mondial du transport maritime, le Genevois MSC, font démanteler leurs navires à Alang, en Inde.

Sur place, il a trouvé des «chantiers de démolition aux conditions moyenâgeuses, des syndicalistes en colère ainsi que des travailleurs privés de leurs droits, qui risquent chaque jour leur vie pour un maigre salaire», écrit Public Eye.

Enquêtes payées par des dons

Les méthodes de «recyclage» du géant genevois, qui a récemment fait les gros titres pour les dommages causés par ses conteneurs en mer du Nord, montrent l'écart considérable entre ses promesses de durabilité et la réalité de ses pratiques, ajoute l'ONG. Précisant le contexte politique, l'enquête relève cependant que ce commerce de déchets toxiques est bien légal, même s'il est illégitime.

Contacté par Keystone-ATS, MSC n'avait pas encore répondu lundi en fin d'après-midi. Les deux projets récompensés ont été sélectionnés, parmi 55 propositions, par un jury composé de collaborateurs de Public Eye et de journalistes de renom. Ils ont été financés via une campagne de récolte de dons à laquelle 325 personnes ont participé, précise l'ONG. (ats/nxp)

Créé: 21.01.2019, 17h48

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