Samedi 20 janvier 2018 | Dernière mise à jour 21:43

Ex æquo Les premiers bébés romands de 2018 sont nés en même temps

La Suisse romande n’a pas accueilli un mais deux nouveau-nés dès les premières minutes de l’année, à 0h06: des filles, de 49 cm chacune !

Dans la nuit de dimanche à lundi, Letu Kedane Hans (à g.) et Okbamichael Tekie (à dr.) sont devenus les fiers parents de la petite Arsema, l'un des deux premiers bébés romands de l'année 2018.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Letu Kedane Hans (à g.) et Okbamichael Tekie (à dr.) sont devenus les fiers parents de la petite Arsema, l'un des deux premiers bébés romands de l'année 2018. Image: Christian Bonzon

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C’est une première en 20 ans de carnet rose à l’échelle romande. Et peut-être même une première tout court: en 2018, le nouveau-né qui aura ouvert les festivités des naissances est double. Et ce ne sont pas des jumeaux. À 0 h 06, hier, la petite Nora (3,47 kg pour 49 cm) a pointé le bout de son nez à l’Hôpital de Saint-Imier, dans le Jura bernois. À la même heure, Arsema (3,06 kg pour 49 cm) faisait le bonheur de ses parents érythréens à la Maternité des HUG. Une simultanéité inédite, qui avait cependant bien failli se produire l’an dernier – à une minute près – et en 2012.

Domiciliés aux abords immédiats de Saint-Imier, les parents de Nora n’ont pas souhaité rendre public le minois de leur premier enfant, né en parfaite santé. Place donc au récit singulier d’Okbamichael Tekie (39 ans) et de son épouse, Letu Kedane Hans (37 ans). «Le terme était prévu à la veille de Noël, le 23 décembre. Le gynécologue nous avait expliqué que la naissance de notre fille allait être obligatoirement provoquée le 2 janvier: je suis content qu’elle soit venue d’elle-même juste avant!»

Sous les projecteurs: Seuls les parents de la petite Erythréenne ont accepté de rendre public le minois de l’un des deux premiers bébés de l’année. Crédit Photo: Christian Bonzon

Arrivé d’Érythrée durant l’automne 2008, le père d’Arsema impressionne. D’abord par son français, riche, malgré une jeunesse des plus défavorisées, déchirée par les guerres successives qui ont opposé son pays à son voisin l’Ethiopie entre les années 1960 et 2000. «J’ai quitté mon pays à cause de la politique totalitaire d’Isaias Afwerki (ndlr: dictateur toujours en poste, depuis l’indépendance de l’Erythrée, en 1993), témoigne Okbamichael Tekie. Mon père, qui avait beaucoup de terrains agricoles, n’est pas autorisé à les exploiter lui-même: seulement le gouvernement. C’est de l’esclavage. Le peuple n’a aucun droit.»

Famille fondée grâce à la Suisse

Par sa volonté, ensuite. «C’était très difficile à mon arrivée en Suisse. Il a fallu que je suive des cours de français pendant trois ans pour pouvoir espérer trouver un travail», poursuit le trentenaire. Au printemps 2013, il décroche un job de nettoyeur d’avion à l’aéroport de Genève, pour le compte d’EasyJet. D’abord les nuits, pendant deux ans. «J’y ai fait la connaissance de nombreux collègues qui ont vécu dans le même village que Letu Kedane. Ils m’ont parlé d’elle, en me racontant qu’elle avait trouvé refuge dans un camp en Éthiopie, où elle vivait depuis deux ans, reprend Okbamichael. Je suis allé à elle et nous nous sommes mariés.»

Dix-huit mois plus tard, début 2015, la Confédération donne son feu vert pour que l’Érythréenne – coiffeuse et pâtissière de métier – puisse rejoindre son mari en Suisse. Où le jeune couple décidera de fonder une famille. Avec la naissance d’Aryam, d’abord, en août 2016. Après un accouchement de plus de… 22 heures! «Ça a été plus facile avec Arsema, avec un travail de sept heures cette fois», lâche la maman à son mari, qui nous traduit de la langue tigrigna.

Ainsi, à chaque Saint-Sylvestre, ces chrétiens d’Érythrée fêteront non seulement l’anniversaire de leur cadette mais aussi celui de Letu Kedane, née le 1er janvier 1981. (Le Matin)

Créé: 02.01.2018, 09h27

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