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Conservation Prisée à Davos, la neige recyclée ne séduit pas en Valais

Les remontées mécaniques du Super St-Bernard espèrent se relancer un jour avec un concept «durable» en ayant recours à de la neige recyclée, comme c'est le cas à Davos depuis 2008. Mais l'idée peine à convaincre en Valais.

Les remontées mécaniques du Super St-Bernard à Bourg-St-Pierre (VS) sont fermées depuis fin 2010. Pourront-elles rouvrir grâce à un concept «durable», dont fait partie la neige recyclée?

Les remontées mécaniques du Super St-Bernard à Bourg-St-Pierre (VS) sont fermées depuis fin 2010. Pourront-elles rouvrir grâce à un concept «durable», dont fait partie la neige recyclée? Image: Keystone

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Fermées depuis fin 2010, les remontées mécaniques du Super St-Bernard à Bourg-St-Pierre (VS) espèrent se relancer un jour avec un concept «durable», dont fait partie la neige recyclée. Cette méthode de conservation de l'or blanc utilisée à Davos (GR) reste inconnue en Valais.

Depuis 2008, Davos prépare avec de la neige recyclée une piste de ski de fond de 1,5 kilomètre à 1560 mètres d'altitude. En clair, la station grisonne récupère à la fin de la saison de ski entre 3000 et 9000 mètres cubes de neige. Elle l'entreprose et la conserve durant l'été sous un manteau de sciure de bois avant de la réutiliser en novembre déjà pour des entraînements d'athlètes.

Le concept a été développé par l'Institut pour l'étude de la neige et des avalanches (SLF) à la demande de Davos. «Nous avons comparé deux méthodes de conservation: avec une bâche, telle que celles utilisées pour limiter la fonte des glaciers, la perte de neige est de 95%. Avec de la sciure de bois, elle n'est que de 30% environ», a indiqué à l'ats Fabian Wolfsperger, collaborateur du groupe de recherche «Sport des neiges» du SLF.

Originaire de Scandinavie

La méthode s'inspire des projets de «Snowfarming» (neige recyclée) développés en Scandinavie. Elle a séduit Claude Lattion, président du Conseil d'administration des remontées mécaniques du Super St-Bernard, qui, vétustes et en mal d'argent, ont dû fermer il y a trois ans.

Pour tenter de se relancer, le Super St-Bernard mise sur un concept de remontées mécaniques équipées à l'énergie renouvelable, comme le solaire ou l'éolien. Il y inclut l'utilisation de neige recyclée pour le début de la saison.

Mais le «Super St-Bernard, Vision Clean lift», qui comprend aussi un projet immobilier, ne décolle pas: «Il est très difficile de trouver des investisseurs solides qui ont envie de s'impliquer jusqu'au bout», déplore Claude Lattion. L'homme, également hôtelier à Bourg-St-Pierre, se refuse toutefois à baisser les bras, tant l'absence des remontées mécaniques «pénalise économiquement la région».

30 francs le mètre cube

«Nous avons émis l'idée d'utiliser de la neige recyclée mais nous n'avons pas poussé la réflexion plus loin», admet Claude Lattion. En Valais, très rares sont les acteurs touristiques contactés par l'ats qui ont entendu parler de cette méthode de conservation.

Parmi les exceptions, la haute vallée de Conches, où le ski de fond est roi: Bruno Schaub, responsable du marketing d'Obergoms Tourismus, juge toutefois la technique «trop chère».

«La production de neige recyclée coûte environ 30 francs le mètre cube contre 5 francs le mètre cube pour la neige artificielle», confirme Fabian Wolfsperger. Outre le coût, ce sont les conditions de conservation et d'utilisation qui laissent sceptiques en Valais.

Ecobilan nécessaire

«La méthode est intéressante mais elle n'est pas adaptée à notre domaine skiable», estime Eric Balet, directeur de Téléverbier. Comment et où entreposer les volumes nécessaires, de surcroît sur un terrain pentu? Comment transporter la sciure de bois en haute altitude sans débauche de moyens peu écologiques?

Autant de questions qui démontrent que le «snowfarming» est plutôt adapté aux petites pistes, de préférence à plat (parc à neige pour enfants par exemple) et pour les stations de basse et moyenne altitude lorsque les températures ne permettent pas d'utiliser les canons à neige.

Pour un petit volume, le WWF suisse voit plutôt d'un bon oeil le principe de la neige recyclée. Mais «si la technique devait être généralisée, il faudrait faire un écobilan», souligne Catherine Martinson, directrice du travail régional à l'organisation environnementale.

Bâches sur les glaciers

Si la conservation avec de la sciure de bois n'est pas connue en Valais, celle avec les bâches est notamment utilisée à Crans-Montana et à Verbier. Elles sont déposées au printemps sur une partie des glaciers de la Plaine Morte et de Tortin. L'hiver suivant, l'or blanc restant sert à tapisser une piste de montée de téléski ou une piste d'accès.

Verbier utilise ces bâches depuis 2005. «C'est une bonne méthode et pas chère», relève Eric Balet. (ats/nxp)

Créé: 05.01.2014, 13h02

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