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Vevey Un Pink Panthers condamné à six ans de prison

Le prévenu, qui a avoué avoir participé au braquage d'une bijouterie à Montreux, a collaboré avec la police.

La police avait lancé un appel à témoins pour retrouver les braqueurs.

La police avait lancé un appel à témoins pour retrouver les braqueurs. Image: Police cantonale

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Le procès d'un des auteurs du braquage d'une bijouterie de Montreux (VD) en janvier 2015 se déroulait lundi à Vevey. L'homme, soupçonné de faire partie de «la mouvance» des Pink Panthers, reconnaît les faits. Il a même pleinement collaboré avec la police, à la surprise de celle-ci.

Le Tribunal de Vevey l'a reconnu lundi coupable de brigandage qualifié en affirmant qu'il faisait bien partie de «la mouvance» des Pink Panthers.

La culpabilité du Serbe de 54 ans est «lourde», a déclaré la présidente de la Cour en donnant un résumé du verdict. L'homme était pleinement conscient de participer à une activité criminelle au sein d'une bande organisée très dangereuse appartenant au réseau des Pink Panthers.

Moins que le réquisitoire

La procureure avait requis sept ans de prison alors que la défense parlait d'une fourchette comprise entre quatre et quatre ans et demi. L'avocat a indiqué à l'issue du procès qu'il n'était «pas exclu» qu'il fasse recours. La procureur s'est dite en revanche satisfaite de la sentence.

Le cambriolage remonte au 15 janvier 2015 et n'a duré que deux minutes. Projetée lors de l'audience, une vidéo de surveillance montre non seulement la rapidité de l'opération, mais son organisation rôdée et déterminée, sans violence physique, mais avec une «terreur» psychique évidente envers les employés du magasin.

Frayeur et cauchemar

Si elle n'a rien demandé pour tort moral, la principale vendeuse a témoigné de la frayeur ressentie lorsque le premier cambrioleur lui a pointé son pistolet sur le front en lui intimant de se taire. Avec ses deux collègues, ils se sont alors mis par terre en attendant la fin du cauchemar.

L'homme, «bien habillé», s'est introduit en premier dans la bijouterie et a sorti son arme. Ses deux comparses, dont l'homme jugé lundi, se sont engouffrés dans son sillage et ont calé la porte pour assurer leur fuite. Les lieux avaient été minutieusement repérés et ces «professionnels» du braquage ont choisi les vitrines à casser.

Gros butin

Au final, les voleurs ont emporté un butin de 600'000 francs (prix d'achat) ou plus d'un million de francs (prix de vente). Début février 2015, la police autrichienne a récupéré une partie des montres lors d'une opération menée contre quatre receleurs des Pink Panthers. Le Serbe jugé à Vevey s'est, lui, fait pincer à la frontière hongroise. Il est incarcéré en Suisse depuis le 15 décembre.

Pour la Cour, comme aux yeux de la procureure, il n'y a aucun doute sur cette affaire et les intentions des différents protagonistes. «C'est de la criminalité de haut vol» et l'homme a agi «par pur appât du gain». Il s'agissait d'un brigandage commis par des professionnels, entraînés et préparés avec grand soin.

Sobriquet ridicule

«Le mode opératoire» fait clairement référence aux Pink Panthers, «un sobriquet ridicule», donné à l'époque par la police anglaise, a souligné le Ministère public. Les explications avancées par l'accusé ne sont que de «la poudre aux yeux», a mis en garde la procureure.

Selon le quinquagénaire, il n'aurait en fait pas eu le choix. Criblé de dettes à cause de sa passion du jeu, il n'aurait pas pu refuser la demande de participer à ce forfait. Celui qu'il présente comme le chef du groupe, l'homme au pistolet, lui aurait promis 80'000 francs, mais ne lui en aurait donné en fin de compte que 12'000.

Encore des inconnues

Cette version a été battue en brèche aussi par l'inspecteur de la police judiciaire. A son avis, la collaboration de l'accusé avec la police, y compris concernant l'identification de ses complices, laisserait même penser qu'il pourrait être un véritable gros poisson au sein de cette organisation. Autrement, il ne parlerait pas.

L'avocat de l'accusé a surtout cherché à démontrer que la peine requise était «largement exagérée». Il a mentionné d'autres affaires «équivalentes» en Suisse qui ont abouti à des sentences moins élevées.

Menaces de vengeance

Après l'audience, l'avocat a regretté que l'on n'ait pas pris en compte la collaboration de son client avec les autorités en dépit des assurances données par la police et le Ministère public. L'accusé a répété à plusieurs reprises qu'il regrettait les souffrances infligées à ses victimes. Il a dit craindre la vengeance de ses anciens comparses.

Selon lui, sa mère a été menacée en Serbie avant de décéder. L'homme au pistolet est toujours libre alors que le troisième larron est écroué en Autriche pour des faits similaires. (ats/nxp)

Créé: 05.12.2016, 13h32

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