Lundi 23 avril 2018 | Dernière mise à jour 05:21

Votation Pugilat idéologique autour de l'initiative pour les familles

L'initiative UDC pour les familles propose une déduction fiscale pour les parents gardant leurs enfants. Incitation au maintien des femmes à la maison? Votation le 24 novembre.

Sur quoi vote-on?

L'«Initiative pour les familles: déductions fiscales aussi pour les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants» demande que les parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants bénéficient d’une déduction fiscale aussi élevée, voire plus élevée, que celle à laquelle ont droit les parents qui confient la garde de leurs enfants à des tiers contre paiement.

Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent le rejet de l’initiative.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

C’est l’objet de votation du 24 novembre dont on parle le moins. L’initiative pour les familles de l’UDC est certes éclipsée par le vote sur le «1:12» des socialistes et l’augmentation du prix de la vignette, mais elle attise en coulisses un combat féroce. Une lutte à couteaux tirés motivée par l'idéologie, les valeurs de la famille, l’éducation et la place de la femme dans la société.

Sur le ring, à notre droite, les initiants: l’UDC. Le parti propose d’accorder des réductions fiscales aux parents qui gardent eux-mêmes leurs enfants afin de favoriser la famille traditionnelle, revendiquée haut et fort.

Car l’UDC en fait un combat de principe: l’état ne doit pas privilégier un type de famille, un modèle éducatif plutôt qu’un autre. Car, selon le parti, les familles qui font ce choix perdent une source de revenus, avec une maman qui reste à la maison, et n’induisent pas des frais à la collectivité.

Discrimination de la famille traditionnelle

Ajoutons que l’UDC a lancé son initiative en réaction à l’entrée en vigueur d’une disposition qui permet depuis 2011 aux familles de déduire une partie des frais de crèche, garderie, ou autres accueils extrascolaires payants. Pour l’UDC, trop c'est trop: l’Etat discrimine les familles traditionnelles!

Du même côté du ring, le PDC a décidé de soutenir l’initiative de l’UDC. Entre les deux partis conservateurs se joue également un match dans le match pour le leadership sur la politique familiale. Oubliant l’échec de l’article constitutionnel sur la famille sortie des cuisines du PDC, le parti de Christophe Darbellay attend que l’UDC renvoie l’ascenseur sur ses deux initiatives contre «la pénalisation du mariage» et pour l’exonération fiscale des allocations pour enfants.

La place de la femme?

De l’autre côté du ring, au centre et à gauche, tous les autres partis. Notamment une alliance bourgeoise contre cette initiative qui regroupe le PLR, le PBD, les Vert’libéraux et le PDC femmes qui pour le coup se distancie de la direction de son parti. Pour ces élus de droite, l’initiative pour les familles de l’UDC cherche «à empêcher que les deux parents puissent bénéficier des mêmes libertés lorsqu’ils choisissent de s’orienter vers un modèle familial plutôt qu’un autre».

C’est évidemment le statut de la femme qui inquiète cette droite progressiste. «C’est une prime aux hommes dont la femme n’exerce pas d’activité lucrative», a tancé Fulvio Pelli (PLR/TI) lors des débats au Parlement. Pour le coup, l’ex-président du PLR rejoignait dans son argumentaire les socialistes et les Verts qui condamnent un texte rétrograde, perçu comme une incitation à maintenir les épouses au foyer.

Un geste pour les hauts revenus

Pour le PS, cette initiative a aussi le désavantage de ne favoriser que les hauts revenus. Car, selon lui, dans beaucoup de cas, les femmes qui travaillent – et font garder leurs enfants – ne le font pas uniquement par choix mais aussi par obligation. Un deuxième salaire étant indispensable pour vivre dans de nombreux ménages suisses.

Argument final des opposants, et central pour le Conseil fédéral qui ne s’est pas aventuré dans le débat de société, cette initiative représente des pertes fiscales conséquentes. Le Conseil fédéral s’en tient au rappel du principe fondamental du droit fiscal: seuls les dépenses réelles peuvent être déduites des impôts. Les partis politiques chiffrent, eux, le manque à quelque 390 millions pour la Confédération et 1 milliard pour les cantons.

L’UDC conteste ces estimations et parle de «légende des millions». Elle rétorque que chaque place de crèche subventionnée que les cantons n’auront pas à mettre à disposition fera économiser bien plus d’argent que le montant d’éventuelles pertes fiscales. (nxp)

Créé: 18.10.2013, 22h30


Sondage

Etes-vous toujours à jour avec impôts?





Contact

Service clients

Abonnement et renseignements
Nous contacter
lu-ve 8h-12h / 13h30-17h
Tél. 0842 833 833, Fax 021 349 31 69
Depuis l'étranger: +41 21 349 31 91
Adresse postale:
Le Matin, Service clients, CP, 1001 Lausanne

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse commentaire@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.