Samedi 25 novembre 2017 | Dernière mise à jour 11:57

Canton du Valais Un radar a évité le pire au glacier du Trift

Un appareil unique en Suisse a permis de prédire l'avalanche à Saas-Grund. Débranché en avril, il a été réinstallé quatre jours avant l'éboulement.

Le village de Saas-Grund (VS) continue de surveiller l'évolution du glacier du Trift.

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L'effondrement du glacier du Trift au-dessus de Saas-Grund (VS) a été suivi de près par les scientifiques. L'éboulement s'est déroulé en grande partie comme l'avait prévu Martin Funk, glaciologue et professeur à l'EPFZ. Il avait anticipé que la langue du glacier s'écroulerait dimanche matin, ce qui a poussé les autorités à faire évacuer les zones dangereuses samedi soir.

Les habitants ne le savent peut-être pas, mais tout a été anticipé grâce à un radar, qui a été réinstallé à peine quatre jours avant la catastrophe, comme le raconte le Tages-Anzeiger dans son édition du 11 septembre. C'est qui lui a permis de calculer le moment et les volumes que l'effondrement allait entraîner.

Un radar à 400 francs par jour

Tout commence à l'été 2014 quand le garde-forestier de Saas-Grund observe que le flanc nord du Weissmies s'est détaché. Il prend des photos qu'il envoie à Martin Funk. Pour le scientifique, aucun doute: le glacier va s'effondrer dans la vallée.

Les autorités communales réagissent rapidement et font installer un nouvel appareil, un radar interférométrique. Ce dernier enregistre la déformation du terrain et en déduit la vitesse à laquelle le glacier bouge. «C'est un appareil très cher mais très précis et surtout, il fonctionne par n'importe quel temps», souligne le glaciologue. Il coûte en effet 400 francs par jour.

Mais rien ne se passe en 2014. Ni en 2015. Ou en 2016. Les trois parties qui financent l'appareil, à savoir la commune, le canton et les chemins de fer, décident de démonter l'installation en avril et de le remplacer par une caméra haute-définition, qui prend une image du glacier toutes les heures.

Alerte à la fin août

La situation n'évolue plus jusqu'à la fin août 2017. C'est alors que Martin Funk s'aperçoit que le glacier s'est remis à bouger rapidement. Mardi 5 septembre, il demande à la société zurichoise Geopraevent, qui a développé le radar, de le réinstaller. Mais il n'y en a plus de disponibles, car le dernier exemplaire vient d'être envoyé à Bondo.

La tension monte sur place car personne n'est capable de dire à quel point le glacier a avancé. Geopraevent parvient toutefois à ramener un de ses radars d'Allemagne et l'entreprise l'installe jeudi 7 septembre. Martin Funk comprend alors que l'effondrement va avoir lieu trois jours plus tard.

Le radar a peut-être sauvé des vies

«Sans le radar, nous n'aurions jamais pu prédire aussi précisément l'avalanche», avoue le glaciologue, qui craignait surtout de ne pas avoir le temps de prendre les bonnes mesures de sécurité.

Il n'exclut pas que la catastrophe aurait pu faire des victimes, comme des alpinistes tentés par l'ascension du Weisshorn. Ce qui n'est pas arrivé car les autorités, averties du danger, avaient interdit d'accès la zone concernée trois jours avant l'avalanche et empêché un drame comme à Bondo. (nxp)

Créé: 11.09.2017, 10h45


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