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Suisse La radicalisation sous contrôle en prison

Les établissements alémaniques ne peuvent pas être considérés comme des nids à islamistes. Mais le danger peut provenir de certains imams et d'une littérature inappropriée.

Le pénitencier de Pöschwies (ZH) suit de près l'éventuelle radicalisation de ses détenus.

Le pénitencier de Pöschwies (ZH) suit de près l'éventuelle radicalisation de ses détenus. Image: Keystone

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Un livre sur la radicalisation islamique dans les prisons autrichiennes, «Parmi les extrémistes, un aumônier scrute l'âme des musulmans radicaux», fait beaucoup de bruit outre-Sarine. Mais la situation n'est pas comparable avec les établissements alémaniques, souligne la Neue Zürcher Zeitung dans son édition du 13 décembre 2017.

Le pénitencier de Josefstadt à Vienne est trois fois plus grand que le plus important de ses équivalents en Suisse et il souffre d'une importante surpopulation carcérale. Mais les services cantonaux d'exécution des peines restent attentifs au problème, comme l'explique Andreas Naegeli, directeur du pénitencier de Pöschwies à Zurich.

Une poignée de radicalisés

Sur les 140 détenus musulmans que compte l'établissement, soit un tiers des prisonniers, «à peine une poignée» peut être considérée comme radicalisée. Une minorité qui fait toutefois l'objet d'une attention toute particulière, ajoute le directeur.

Un rapport du Réseau national de sécurité (RNS) datant de juin estimait que les prisons en Suisse ne pouvaient pas être considérées comme un terreau à la radicalisation. La taille plus petite des établissements en Suisse permet un meilleur contrôle de la population carcérale.

Pas des nids à islamistes

Frank Stüfen, aumônier à Pöschwies, confirme les grandes lignes du rapport. Dès qu'un détenu se met à afficher des sympathies islamistes, les milieux pénitentiaires l'apprennent assez vite. L’aumônier nie également que les prisons suisses soient des nids de radicalisation pour islamistes, l'immense majorité des détenus ne montrant aucun intérêt pour ces idées.

Andreas Naegeli explique que les signes de radicalisation sont détectés bien plus vite en milieu carcéral, que ce soit par les autres détenus, les gardiens ou encore les aumôniers. Cet encadrement permet aux prisonniers de ne pas se laisser séduire par la propagande islamiste.

Le danger des imams et des bibliothèques

Mustafa Memeti, aumônier musulman au pénitencier de Thorberg à Berne, souligne que le danger vient de prisonniers qui s'estiment injustement traités et discriminés. «De tels sentiments sont souvent le premier pas vers la radicalisation.»

Il estime toutefois que ce risque doit être pris très au sérieux. Le danger ne provient pas seulement des détenus qui peuvent s'influencer mutuellement mais également des aumôniers, dont certains n'ont pas une bonne connaissance des lois et pratiques en Suisse. Ces imams doivent donc être formés dans le pays pour qu'ils connaissent et adhèrent aux valeurs helvétiques.

Il recommande de purger les bibliothèques des prisons de tout ouvrage tendancieux, d'autant plus que les non-musulmans ont parfois de la peine à définir quels écrits peuvent favoriser la radicalisation.

Andreas Naegeli rappelle que les imams qui ont accès à son pénitencier ont fait l'objet d'une enquête de personnalité de la part de la police cantonale. En outre, l'établissement a son propre imam à temps plein, ce qui améliore la qualité de l'aumônerie et facilite la collaboration avec les autres religions. (nxp)

Créé: 13.12.2017, 11h23


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