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Lucens La radioactivité ne peut pas contaminer l'eau d'Henniez

Le tritium sortant de l'ancien réacteur atomique est sans risque pour les consommateurs, garantit Nestlé Waters. La société procède toutefois à de nouvelles analyses.

L'accident de 1969

Le coeur de la centrale nucléaire de Lucens, construite sous terre, a subi une catastrophe nucléaire en janvier 1969. Un élément a surchauffé, provoquant la destruction du noyau. La radioactivité s'est échappée dans la caverne.

L'installation a été démontée et la caverne décontaminée après l'accident, mais des restes de radioactivité subsistent dans le sol. En 1992, la caverne a été partiellement bétonnée.

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) est chargée depuis 1995 d'effectuer des mesures de contrôle de la radioactivité sur le site. Les teneurs en césium 137 et 134, en cobalt 60, en tritium et en strontium 90 sont mesurées.

Depuis 2010 certains résultats "étaient légèrement plus élevés", informait l'OFSP la semaine dernière. La brusque hausse de tritium, enregistrée à fin 2011,a alerté les autorités. Désormais, le site est sous haute surveillance.

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La principale chaîne d'embouteillage de l'eau Henniez se trouve juste à côté de Lucens. Or, une augmentation de tritium, un élément radioactif, a été mesurée dans le village vaudois, sur le site de la centrale atomique accidentée en 1969.

Ce tritium ne présente «pas de risque» pour les consommateurs d'eau minérale, assure Nestlé Waters, propriétaire de la marque Henniez. «Le domaine se trouve à 10 kilomètres de Lucens au Nord-Est et il n’a aucun lien hydrologique avec le site», selon Marieke Breugem, chargée de communication de Nestlé Waters. Sans danger

L'augmentation de tritium radioactif mesurée ces derniers mois est de toute façon sans conséquence pour la population, rassurait la Confédération la semaine dernière. Les taux de 230 becquerels par litre se situent bien en-deçà des valeurs limites admises (12000 bq/l). Mais «même si les taux trouvés à Lucens avaient été inquiétants pour la santé, cela n’affecterait en aucun cas la qualité de l’eau Henniez, ni aujourd’hui ni dans l’avenir», précise Marieke Breugem. La source et sa zone de protection d'une centaine d'hectares se trouvent en effet sur un autre bassin versant.

Nouvelle analyse

Outre la batterie de contrôles permanents menés sur l'eau minérale, Nestlé Waters procède tous les trois ans à des mesures de radioactivité. «Les derniers résultats dataient de 2010 et témoignaient d’un taux de tritium inférieur au seuil de détection (8,2 bq/l). »

Suite à l'annonce de la hausse de radioactivité, la société a tout de même décidé de procéder à une analyse «pour pouvoir prouver qu'il n’y a aucun problème pour les sources d’Henniez». Les résultats seront connus à la fin du mois.

Inquiétudes à Lucens

La radioactivité inquiète certains voisins. «Nous avons reçu pas mal de téléphones de citoyens qui se faisaient du souci», explique le syndic de Lucens, Etienne Berger. «C'est facile de les rassurer: l'eau de boisson de la commune provient de pompages qui sont situés dans la direction inverse de l'ancienne centrale. Et de toute façon, les taux n'ont rien d'alarmants.»

Le syndic aurait toutefois aimé que Berne l'informe au préalable de l'événement: «J'ai été fâché d'apprendre cela par les médias et de devoir répondre dans l'urgence à mes concitoyens.»

Surveillance quotidienne

L'Office fédéral de la santé publique (OFSP) a indiqué mercredi dernier qu'une concentration accrue de tritium, un isotope radioactif, avait été mesurée dans les systèmes de drainage de l'ancienne centrale atomique de Lucens. Les échantillons d'eau analysés chaque mois ont montré une augmentation 15 bq/l à 230 bq/l depuis la fin de 2011, alors que les taux de radioactivité sortant de la caverne qui abrite l'ancien réacteur étaient stables depuis 1995.

Des mesures quotidiennes de l'eau et de la flore de la Broye, qui passe en aval du site nucléaire, ont été ordonnées cette semaine. A ce stade, il n' y a aucun danger pour la population, assure l'OFSP.

(nxp)

Créé: 10.04.2012, 14h49

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