Lundi 24 septembre 2018 | Dernière mise à jour 07:44

Suisse Le rapport sur CarPostal fait grincer des dents

Le vice-président de La Poste, Adriano Vassalli, est accusé de «manquement considérable». Il se dit prêt à aller en justice pour défendre son honneur.

Adriano Vassalli affronte de vives critiques en tant que président du comité chargé de la conformité des pratiques à La Poste.

Adriano Vassalli affronte de vives critiques en tant que président du comité chargé de la conformité des pratiques à La Poste. Image: La Poste

Monsieur Prix n'en revient pas

Stefan Meierhans fut peut-être le premier à s'interroger sur les pratiques de CarPostal en demandant des explications sur sa politique tarifaire dès 2012. «Mais l'ampleur des manipulations me laissent sans voix», a déclaré «Monsieur Prix» dans une interview parue dans le Blick.

Il n'exclut pas non plus que cet exemple se répète dans d'autres entreprises de la Confédération, même s'il n'en a pas connaissance. «Il faut absolument plus de transparence et une communication ouverte entre toutes les parties.»

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Le rapport d'enquête sur le scandale de CarPostal continue de faire des vagues. Il met nommément en cause certains responsables, comme Adriano Vassalli, le vice-président du Conseil d'administration de La Poste, à la tête du comité Audit, Risk & Compliance. Celui chargé d'assurer la conformité des pratiques à La Poste et de découvrir les irrégularités, comme le résume la Luzerner Zeitung dans son édition du 14 juin 2018.

Les conclusions du rapport établi par le cabinet d'avocats Kellerhals Carrard à l'attention du Conseil d'administration de La Poste et du Conseil fédéral n'ont pas été publiées dans leur entier. Mais selon une de ces parties occultées, Adriano Vassalli serait accusé de «manquement considérable».

Prêt à aller en justice

Le principal intéressé se défend vigoureusement. Le rapport publié et l'expertise juridique ont dressé un tableau incomplet et contenaient même de fausses déclarations, affirme-t-il. Il s'en est ouvert dans une lettre adressée au président Urs Schwaller et il rejette toutes les accusations. Il se dit prêt à intenter une action en justice et fera tout son possible pour restaurer sa réputation.

Le vice-président se bat autour d'une note de service du 21 août 2013. Le document affirme que «les flux de valeurs ne correspondent pas à certains endroits, ce qui conduit dans certains cas à des subventions croisées au détriment des activités financées par des fonds publics». Soit des transferts de coûts envers les secteurs subventionnés.

Adriano Vassalli affirme n'avoir jamais reçu ce document, alors qu'il est sur la liste des destinataires. Le rapport d'enquête ne tranche pas sur ce point alors que le vice-président a bel et bien confirmé avoir reçu la plupart des rapports de La Poste Suisse sous forme papier.

Sous le feu des critiques

Dans son rapport d'enquête, Kellerhals Carrard affirme que tous ceux qui figuraient sur la liste d'envoi ont reçu la note de service. Le cabinet souligne même que le mémo a été envoyé avec le rapport de révision des bus régionaux. Mais comme le précise la lettre qui accompagne le rapport, il s'agit du seul document envoyé. Elle ne fait pas mention de la note de service.

Adriano Vassalli compte mener à terme son mandat et rester à son poste jusqu'au printemps 2019, même si plusieurs politiciens ont déjà réclamé sa tête. Il n'est pas le seul à se retrouver sous le feu des critiques. La représentante du personnel au sein du Conseil d'administration, Susanne Blank, fait également l'objet de vifs reproches.

Soutien de Doris Leuthard

Les deux administrateurs ne sont plus en odeur de sainteté auprès de leurs collègues, qui se sont penchés sur le rapport d'enquête en leur absence. «Ils n'ont pas été impliqués dans les discussions et les décisions sur les conséquences opérationnelles et personnelles», a confirmé la porte-parole de la Poste, Léa Wertheimer.

Le sort d'Adriano Vassalli est entre les mains de Doris Leuthard, qui l'a assuré de son soutien. «Il a pu prouver qu'il n'a jamais reçu ce mémo», a-t-elle dit lundi dernier. «Après avoir examiné tous les documents, nous sommes arrivés à la conclusion qu'il n'est pas coupable d'un manquement grave.» (nxp)

Créé: 14.06.2018, 12h26

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