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Réaction Rémy Pagani: «Continuer avec Mühleberg est irresponsable!»

Le maire de Genève est scandalisé par la décision du Tribunal fédéral ne pas stopper tout de suite la centrale nucléaire bernoise, dont la technologie est dépassée.

Rémy Pagani, élu du parti SolidaritéS, est maire de Genève.

Rémy Pagani, élu du parti SolidaritéS, est maire de Genève. Image: Sabine Papilloud

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Rémy Pagani se dit «consterné» par la décision de poursuivre l'exploitation de la centrale nucléaire de Mühleberg. «Je ne comprends pas la décision des juges fédéraux!» lance le maire de Genève, commentant le vote du Tribunal fédéral (TF) qui autorise la centrale atomique à poursuivre son exploitation au-delà de juin 2013. «Continuer avec cette centrale obsolète et dangereuse, d'une technologie complètement dépassée, est irresponsable.»

La ville de Genève s'est impliquée pour la fermeture de la centrale bernoise. Se basant sur l'article antinucléaire de la Constitution cantonale, le Conseil municipal de la Ville a décidé en 2010 de recourir contre la poursuite de l'exploitation de la centrale bernoise. Genève a voté un crédit de 175'000 francs de soutien pour les opposants de la centrale.

«Freiner tout de suite»

Rémy Pagani espérait que la justice puisse faire stopper le réacteur atomique de Mühleberg. «Le TF s'est basé pour prendre sa décision sur le nouveau concept de sécurité vivement critiqué par les opposants. Cette centrale n'est pas sûre et il est incompréhensible qu'on fasse courir un risque pareil à la population. Imaginez ce que donnerait un accident nucléaire dans un pays petit et densément peuplé comme le nôtre.»

Lui-même opposant à l'atome civil, l'élu de gauche (parti SolidaritéS) se désespère de voir la tournure politique que prend la sortie du nucléaire en Suisse. «Doris Leuthard a fait preuve du courage nécessaire en 2011 pour prendre cette décision, admet-il. Mais maintenant, sous la pression des lobbies, la ministre ne fixe plus de date pour l'arrêt des centrales. Or, il faut appuyer tout de suite sur le frein à main, comme le fait l'Allemagne.»

«La France continue, et alors?»

L'énergie nucléaire est dangereuse et pose des problèmes insolubles, estime Rémy Pagani. «A Genève nous avons été confrontés à la dépollution du site Artamis, qui a coûté 60 millions. Mais avec le nucléaire il faut rappeler aux gens que les sites pollués comme Tchernobyl ou Fukushima vont le rester pendant des siècles. On ne peut plus rien faire.»

Et la France? Le maire de Genève est forcé d'admettre que le pays voisin entend poursuivre l'exploitation de plusieurs dizaines de réacteurs atomiques, malgré le démantèlement annoncé de la centrale de Fessenheim. «Personne ne parle de construire de nouvelles centrales en France, nuance-t-il. Mais cela ne doit rien changer pour les décisions en Suisse. Nous avons plus que les autres pays les compétences et le savoir-faire pour investir très vite dans les énergies renouvelables.»

Créé: 28.03.2013, 13h12

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