Lundi 25 juin 2018 | Dernière mise à jour 19:20

Canton de Schwytz Un responsable de police accusé de trafic d'armes

Le chef de la logistique de la police de Schwytz est soupçonné de trafic d'armes. Le Ministère public de la Confédération mène l'enquête.

Outre des pistolets, le trafic d'armes porte sur des Fass 90.

Outre des pistolets, le trafic d'armes porte sur des Fass 90. Image: Keystone

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La police cantonale de Schwytz vit des heures sombres. Son chef de la logistique fait l'objet d'une enquête du Ministère Public de la Confédération (MPC) pour infraction sur la loi sur les armes et le matériel de guerre, révèle le Tages-Anzeiger dans son édition du 14 juin 2018.

Des perquisitions ont eu lieu le 22 février 2018 au domicile du responsable à Einsiedeln (SZ) sous la conduite de l'Office fédéral de la police (fedpol). Les policiers ont découvert ce qu'ils cherchaient: des armes. Tellement même que leurs véhicules sont trop petits pour transporter leurs prises. Une camionnette a été appelée en renfort.

Le chef de la logistique a été placé en détention préventive, dont il est ressorti après deux mois. Il nie les accusations de trafic d'armes mais refuse de s'exprimer sur le sujet en raison de l'enquête toujours en cours. Celle-ci porte également sur des soupçons de favoritisme, de violation du secret de fonction et de gestion déloyale.

Des munitions portées disparues

Le chef de la police cantonale schwytzoise Damian Meier reconnaît être tombé des nues lorsqu'il a pris connaissance des accusations contre son ancien subordonné, qui est aussitôt suspendu.

Une enquête interne est dès lors diligentée et selon le Tages-Anzeiger, elle aurait permis de découvrir que des munitions d'une valeur de plusieurs dizaines de milliers de francs ont disparu. Aucune arme de service n'est en revanche portée manquante.

Plainte est déposée le 29 mars auprès du MPC et le chef de la logistique est licencié séance tenante par André Rüegsegger, le conseiller d'Etat en charge de la sécurité. Les autorités politiques réagissent et le Conseil d'Etat mandate le 12 avril le contrôle cantonal des finances pour une enquête indépendante.

Enquête depuis l'Allemagne

Tout le processus a été lancé en 2013 depuis le sud de l'Allemagne, où les policiers enquêtaient sur un trafic d'armes sur le darknet, cette partie d'internet non-répertoriée. Des chasseurs avaient en effet rapporté avoir entendu la nuit des rafales d'armes automatiques dans les forêts.

Les forces de l'ordre se sont intéressées à un jeune acheteur fanatique d'armes puis à un vendeur opérant sous le pseudonyme «Clultimate». L'acheteur est arrêté puis condamné en 2014 après avoir abattu trois vaches dans un champs. Le démantèlement de la plateforme et la confiscation du matériel avec l'arrestation du revendeur interviennent en juin 2017.

Des questions en suspens

L'enquête met à jour des liens entre le revendeur et le chef de la logistique de la police cantonale de Schwytz. Les clients de «Clultimate» rencontrent souvent leur vendeur sur un parking près du couvent d'Einsiedeln et ils peuvent ensuite essayer les armes dans une carrière avoisinante. La police allemande arrive à la conclusion que «Clultimate» est en fait deux personnes: le revendeur allemand et son fournisseur à Schwytz.

Le Ministère public de Schwytz est alerté en août 2017 mais n'entreprend rien. Il faut attendre la mi-novembre et la visite d'enquêteurs allemands avec une demande d'entraide pour que se lance la machine judiciaire. Le dossier est envoyé à Berne mais l'Office fédéral de la Justice va mettre à son tour plusieurs semaines avant de transmettre le dossier au MPC. Il s'est donc écoulé près de six mois entre l'alarme donnée par l'Allemagne et les perquisitions à Einsiedeln.

Le dossier fait des vagues à Berne, où le MPC en a informé la Délégation des Commissions de gestion, chargée de surveiller les activités relevant de la sécurité de l'Etat. Son président Claude Janiak (PS/BL) a confirmé l'information.

Le MPC cherche désormais à savoir où le suspect s'est procuré les armes et combien ont été vendues. Et où sont passées les munitions manquantes. En attendant, le canton de Schwytz a publié en avril une offre d'emploi. Il recherche un nouveau chef de la logistique à la police. (nxp)

Créé: 14.06.2018, 09h33


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