Samedi 25 janvier 2020 | Dernière mise à jour 11:58

Crash du fourgon Les responsables interdits de parole

En état de choc, le conducteur parti de Romont (FR) et le propriétaire sont préservés par le corps médical.

Resté vivre au Portugal, le conducteur de 19 ans faisait la navette vers la Suisse depuis l’obtention de son permis l’an dernier. Plusieurs membres de sa famille feraient partie des passagers décédés.

Resté vivre au Portugal, le conducteur de 19 ans faisait la navette vers la Suisse depuis l’obtention de son permis l’an dernier. Plusieurs membres de sa famille feraient partie des passagers décédés. Image: DR

Les douze victimes du crash sur «la route de la honte» (Image: DR)

Le conducteur de 19 ans a obtenu son permis l'an dernier.

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«Leur traitement interdit actuellement toute audition.» Le colonel Fabrice Taupin, commandant du groupement de gendarmerie départementale de l’Allier, est catégorique. Ni le jeune conducteur de 19 ans qui tenait le volant du véhicule fatal ni son propriétaire ne peuvent être auditionnés par les enquêteurs français. Le premier est légèrement blessé mais surtout très atteint psychologiquement. Il a été transféré en psychiatrie. Le second, son oncle, a également dû être pris en charge. Leurs interrogatoires respectifs sont très attendus. Et seront déterminants pour établir les circonstances exactes du choc frontal intervenu entre le fourgon et un poids lourd italien dans la nuit de jeudi à vendredi sur la RN 79 («Le Matin» de samedi). Une route nationale accidentogène, rebaptisée «la route de la honte».

Un ou deux fourgons?

A bord du Mercedes Sprinter se trouvaient douze Portugais âgés de 7 à 62 ans. La majorité partait voir leur famille dans leur pays d’origine; d’autres y rentraient après avoir visité leurs proches en Suisse, comme une étudiante de 17 ans venue voir son père. Neuf ressortissants vivaient dans le canton de Fribourg, trois étaient «vaudois». Le fourgon dans lequel ils avaient pris place pour bénéficier d’un voyage low-cost s’est déporté sur la gauche à la hauteur de la commune de Montbeugny (F) pour une raison encore inconnue (dépassement dangereux ou perte de vigilance?).

Le crash contre le camion italien ne leur a laissé aucune chance, pas davantage les sièges inadaptés sur lesquels ils étaient installés. Douze sièges au lieu des six réglementaires. «C’est aussi un axe très important de l’enquête, explique le colonel Taupin, il s’agit d’un véhicule de type utilitaire qui peut contenir six places. Nous allons également interpeller le constructeur.» L’hypothèse de chaises pliantes rudimentaires, installées dans l’habitacle, tient-elle? «Une expertise est en cours.» Là encore, on commente doucement le drame. Il est très tôt pour les limiers qui désossent la carcasse meurtrière. Le nombre de véhicules. Un ou deux? «Nous n’avons aucune preuve de l’existence d’un autre engin sur les lieux», note encore le commandant Fabrice Taupin. «Pas la moindre trace.» Pourtant. Personne ne comprend la présence, au moment de l’accident, du propriétaire du fourgon aux plaques portugaises, celui-ci étant conduit par son neveu, trop jeune pour ce type de transport (21 ans au minimum requis). Une théorie évoque qu’un second fourgon, immatriculé à Fribourg, précédait ou suivait. Aux commandes précisément, l’organisateur du voyage se serait arrêté après l’impact et aurait cédé sa place pour secourir ses clients. La deuxième camionnette fantôme aurait alors poursuivi sa route jusqu’à sa destination portugaise de Trancoso.

Corps rapatriés

S’agissant des défunts, ils ont tous pu être formellement identifiés grâce à la reconnaissance par leurs proches et à la collaboration avec les polices helvétiques. Pour le rapatriement dans leur pays de naissance, le gouvernement portugais a mis un avion à disposition. Les familles ont décliné, préférant le retour des leurs par voie terrestre. «Avec le consulat du Portugal à Lyon, nous respectons au plus près leurs volontés», précise Christophe Heriard, directeur de cabinet du préfet de l’Allier. «Les dépouilles reposent à la chambre funéraire de l’Hôpital de Moulins et seront transférées dès demain (aujourd’hui, ndlr).»

Les responsabilités, tant du jeune conducteur – vivant à Carapito, près de Trancoso – que de son oncle – «voyagiste» basé à Romont et au Portugal – risquent d’être très lourdes sur le plan pénal. Et sur leur conscience, douze personnes. Mortes pour avoir voulu voyager à bas prix.

Créé: 28.03.2016, 14h36

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