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élections Il reste une semaine avant que les destins basculent

Yvan Perrin, Benjamin Roduit, Claude Béglé, Lisa Mazzone ou Olivier Français... Pour ces candidats dans l'incertitude, le 20 octobre décidera de la suite de leur vie.

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Comme le temps passe vite et le temps politique plus vite encore. Il ne reste plus qu'une semaine avant le verdict des urnes. Les jeux sont faits, rien ne va plus. Pour ceux qui n'ont pas encore voté, ce week-end est le dernier moment pour remplir leur liste, un peu comme on écrit au Père Noël. Chez les candidats et candidates romands, certains voient venir cette échéance avec une appréhension particulière. C'est un jeu à quitte ou double.

Le retour d'Yvan Perrin

S'il y a un candidat qui sera sur le pont dimanche prochain, c'est bien Yvan Perrin (UDC/NE), qui joue son comeback pour tenter de sauver le siège UDC du canton de Neuchâtel, qu'il a tenu de 2003 à 2013. Le tribun veut revenir à ses premières amours, retrouver la fraîcheur des débuts... Mais les électeurs lui accorderont-ils encore confiance après ses nombreuses dépressions et ses problèmes d'addiction? Durant la campagne, il a refait parler de lui. Attendu pour un débat le 26 septembre à 7h30 dans les locaux de la radio régionale RTN, il n'est pas venu et n'a répondu à personne avant 10h. Il a prétexté une «confusion d’agenda», mais cet épisode a rappelé les heures pénibles qu'il a connues au Gouvernement, qu'il a dû quitter après une année en 2014. L'UDC doit faire environ 16% des suffrages pour maintenir son siège. C'est faisable, à moins que les électeurs jugent qu'Yvan Perrin ferait mieux de rester à la maison, pour son bien.

Pas de cadeau pour Benjamin Roduit?

En général, les sortants ont un avantage sur les nouveaux venus. Mais pour le Valaisan Benjamin Roduit (VS/PDC), de Saillon, il ne peut s'attendre à être réélu dans un fauteuil dimanche prochain. En 2015, il avait décidé de mettre un terme à sa vie politique. Mais son collègue Yannick Buttet (PDC/VS) a connu des problèmes que nul n'avait imaginés alors. Benjamin Roduit est alors revenu sur sa décision. A Berne, il défend une ligne typique du PDC valaisan, conservateur sur les sujets de société et plus ouvert aux problématiques sociales. Mais peu importe, deux concurrents sérieux lui contestent la place: l'avocat de Sierre, Sydney Kamerzin, et le président du parti de Nendaz, Serge Métrailler. Tous les deux ont de très bons réseaux pour renvoyer le Saillonain à la maison. Mais qui sait, il serait capable de revenir encore par la petite porte.

Une «fatwa» contre Claude Béglé?

L'ancien patron de la Poste suisse, Claude Béglé (PDC/VS), aura 70 ans le 4 décembre prochain, deux jours après l'assermentation du nouveau Parlement. S'il a commencé cette législature dans une certaine discrétion, il est monté en puissance déposant une quantité de propositions et en s'illustrant par ses nombreux voyages. La candidature de cet ambassadeur «free lance» est aujourd'hui contestée par certains de ses colistiers, qui voudraient prendre ou reprendre sa place: Axel Marion ou Jacques Neyrinck. Mais Claude Béglé a de la ressource. La polémique créée autour de son voyage en Corée du Nord l'a certes ébranlé, mais elle lui a donné une visibilité qu'il n'avait jamais connue jusqu'ici.

La discrétion de Lisa Mazzone

Pour Lizza Mazzone (Verts/GE), 31 ans, cette année est très particulière. La jeune maman d'un petit Bartok, devrait entrer à la Chambre des cantons pour succéder au volubile Robert Cramer. Ce serait une première pour une femme si jeune dans cette chambre composée à majorité d'hommes bourgeois de 60 ans, qui ont le profil exactement contraire au sien. Sans doute occupée par ses nouvelles fonctions maternelles, elle n'a pas été très prèsente dans cette campagne, laissant le soin à son colistier Carlo Sommaruga (PS/GE) de mener les opérations. Certes, elle peut compter sur un capital de sympathie solide, mais la politique genevoise a été passablement chahutée ces derniers mois. Son résultat du premier tour sera capital pour la suite.

Le premier tour d'Olivier Français

Le conseiller aux Etats Olivier Français (PLR/VD) a passé quatre années bien remplies au Conseil des Etats, où il s'est passionné pour les questions de transports et de mobilité très importantes pour l'arc lémanique. Dans cette campagne, il est attaqué par le duo rose-vert Ada Marra (PS/VD) et Adèle Thorrens (Verts/VD). Bien que sortant, cette élection s'annonce difficile pour lui, car pour gagner il aurait besoin des voix de l'UDC, avec laquelle il n'a guère d'atomes crochus. Il a absolument besoin d'un bon résultat au soir du premier tour le 20 octobre, un résultat qu'il lui permette d'espèrer une réélection lors du second tour le 10 novembre. Sinon, son parti pourrait être tenté de changer de cavalier pour une cavalière...

Eric Felley

Créé: 13.10.2019, 11h26

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