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Grands carnivores La révision des Plans Loup et Lynx fortement contestée

Le dialogue de sourds continue à propos du projet de révision des Plans Loup et Lynx présenté par l'Office fédéral de l'environnement (OFEV).

La Protection suisse des animaux (PSA) et le Groupe Loup Suisse (GLS) rejettent les plans Loup et Lynx.

La Protection suisse des animaux (PSA) et le Groupe Loup Suisse (GLS) rejettent les plans Loup et Lynx. Image: ARCHIVES/Keystone

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La révision des Plans Loup et Lynx de la Confédération, dont la consultation s'achève vendredi 5 septembre, ne satisfait vraiment personne.

Selon ce projet, les populations de grands carnivores pourront être régulées si elles sont assurées par une reproduction régulière, si un «monitoring» est en place et si les mesures de protection des troupeaux ont été prises. Le lynx étant naturellement plus discret, les critiques se focalisent sur le loup.

Ainsi, la Société suisse d'économie alpestre (SAV) rejette le concept de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), qui favorise la propagation du loup dans toute la Suisse. Cela va à l'encontre du mandat de la Confédération qui prévoit également la préservation de l'élevage traditionnel dans les zones de montagne.

La SAV comme le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) demande que le loup puisse être chassé comme d'autres prédateurs et que les cantons concernés puissent décider eux-mêmes comment ils entendent régler cette question.

Actuellement, cette requête, formulée dans la motion de Jean-René Fournier (PDC/VS) adoptée en 2010 par le Parlement, n'est pas prise en considération. La SAV et le SAB rejettent donc le Plan Loup. Jean-René Fournier lui-même a d'ailleurs déclaré en juin dernier devant le Conseil des Etats que le projet de l'OFEV n'allait pas assez loin.

Un tiers des surfaces agricoles

Les zones d'estivage représentent un tiers des surfaces agricoles, et on y compte quelque 7200 exploitations. Outre des vaches et des chèvres, environ 250'000 moutons y passent l'été. Selon un projet pilote mené en Valais, un quart des alpages ne peut pas être protégé contre le loup.

De ce fait, certains éleveurs seront contraints à renoncer. D'autres le feront en raison des coûts des mesures de protection. Selon le SAB, un loup provoque des coûts annuels d'un quart de millions de francs en prévention et dédommagements, pris en charge par la Confédération. «Dans ce contexte, les régions de montagne ne sont pas prêtes à jouer le rôle de réserves naturelles», conclut le SAB.

«Oui mais» écologiste

Pro Natura et le WWF de leur côté disent accepter «sous réserve» les Plans Loup et Lynx. Ainsi, ils n'approuveront des tirs de régulation de ces deux espèces que lorsque leurs populations seront viables, ce qui n'est pas encore le cas, selon eux.

Les organisations écologistes saluent le fait que ces plans reconnaissent l'influence positive du loup et du lynx sur les populations de gibier. Pour elles, il ne saurait être question d'abattre des loups ou des lynx parce qu'ils tuent des animaux sauvages, et des revendications des chasseurs ou des cantons dans ce sens sont à rejeter.

L'abattage de prédateurs isolés causant des dommages importants aux animaux de rente est en revanche jugé acceptable. Pour le WWF et Pro Natura, une cohabitation des activités humaines et des grands prédateurs est possible si l'on protège bien les troupeaux.

Rejet catégorique

La Protection suisse des animaux (PSA) et le Groupe Loup Suisse (GLS) sont plus virulents et rejettent les plans Loup et Lynx. La première y voit «des courbettes faites à plusieurs interventions hostiles au loup et au lynx déposées au Parlement», tandis que le second estime que les éleveurs se tirent une balle dans le pied en rechignant à protéger leurs troupeaux.

Pour le GLS, le loup, le lynx et l'ours sont établis régionalement dans l'espace alpin, et indépendamment de leur statut juridique, ils vont continuer à s'attaquer aux animaux de rente non protégés. Des tirs de régulation ou même la chasse n'y changeront rien.

Selon le groupe, le projet ne protège donc de manière satisfaisante ni les troupeaux ni leurs prédateurs. Il est en outre à rejeter car il prend en considération une possible disparition régionale du loup ainsi qu'une non-expansion du lynx.

Les effectifs de lynx et de loups se régulent naturellement par l'offre de biotope et de nourriture ainsi que par le comportement territorial des animaux, écrit pour sa part la PSA. La nécessité d'une régulation artificielle des effectifs n'existe donc pas, selon elle.

25 loups et 160 lynx

Ces dernières années, le nombre de loups en Suisse a augmenté de manière régulière avec une première meute observée en 2012 à Calanda (GR). On recense actuellement entre 25 et 30 loups.

Le lynx s'est établi dans le Jura et les Alpes occidentales et centrales, et son expansion vers l'ouest et les Alpes du Sud est en cours. Aujourd'hui, il y a environ 160 lynx en Suisse. (ats/nxp)

Créé: 04.09.2014, 10h22


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