Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 22:22

Innovation Un robot fribourgeois pour combattre le coronavirus

Rovenso, une start-up de l'EPFL a confié une nouvelle mission à son robot de surveillance nocturne pour aider à endiguer la pandémie.


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Monté sur roues, robuste et truffé de capteurs lui permettant d'analyser son environnement, ROVéo est un patrouilleur nocturne redoutable destiné à la surveillance des sites industriels.

Développé par la start-up de l'EPFL Rovenso située dans le parc technologique du Vivier, à Villaz-Saint-Pierre (FR), le robot autonome est capable de détecter toute anomalie pouvant survenir telles qu'une intrusion, un départ d'incendie ou un dégât d'eau qui pourraient s'avérer catastrophiques.

Son programme de mesure thermique, visuelle et acoustique est complété par des capteurs lasers lui permettant de modéliser une carte 3D des lieux. En cas de présence humaine inhabituelle ou d'objet déplacé, il lance l'alerte et enregistre des images de l'incident.

Désintégrer le virus

En pleine pandémie, la petite équipe qui venait de lever un financement de 2,2 millions de francs pour son idée novatrice s'est heurtée à de nouvelles contraintes. «Le virus a tout chamboulé, note Thomas Estier, directeur de Rovenso. Sur les 250 personnes qui travaillent habituellement dans les entreprises de cet espace, seule une vingtaine est présente aujourd'hui. Nous nous sommes demandé ce que nous pouvions faire pour faciliter le retour des employés en réduisant la charge virale de leur environnement.»

Aussitôt, les sept ingénieurs se sont inspirés d'un procédé de désinfection utilisé dans les hôpitaux. Ils ont équipé leur robot d'une lampe projetant des rayons UVC capables de désintégrer l'ADN des bactéries et des virus.

«Mais la quantité d'énergie utilisée par les systèmes en milieu hospitalier est monumentale, indique Thomas Estier. Si nous faisions de même, en deux heures, il n'y aurait plus assez de puissance. Comme ce robot est plutôt destiné aux sites industriels, nous avons optimisé la projection des rayons en ciblant uniquement les surfaces susceptibles de transmettre le Covid-19 comme les poignées de porte, les tables, les machines à café ou les distributeurs. L'atout de ce robot est qu'il est justement capable de les reconnaître grâce à son aptitude à modéliser son environnement.»

Cibler les surfaces de contagion

À ce jour, plusieurs start-up notamment au Danemark et en Chine proposent des robots de désinfection UVC. Mais selon Thomas Estier, aucune n'a eu l'idée de joindre l'utilisation de ces rayons à celle de la modélisation 3D qui fait de ROVéo UVC une première mondiale.

«En étudiant les objets qui l'entourent, le robot va pouvoir déterminer combien de temps il doit les traiter grâce à une simulation de radiation. Ceci afin d'économiser sa consommation et diffuser les rayons là où on en a le plus besoin, explique-t-il. On ne cherche pas la propreté d'un hôpital, mais à réduire la probabilité de contagion au maximum. Cette option est complémentaire aux mesures sanitaires assurées de jour par l'humain.»

En économisant ses forces, la machine pourrait traiter entre 300 et 400 mètres carrés de surfaces ciblées en l'espace d'une nuit.

Aujourd'hui, Rovenso détient deux prototypes: un robot patrouilleur et le robot modifié pour la désinfection. C'est avec l'aide des entreprises voisines que la société est parvenue à rassembler les outils nécessaires à cette innovation.

«On s'est débrouillés avec des équipes du coin. Je suis très impressionné par le travail de mes collègues, lance le directeur. Il ne s'agit pas d'une démarche commerciale, mais vraiment de rendre service ici et le plus rapidement. Nous verrons par la suite s'il y a de la demande.»

Laura Juliano

Créé: 06.05.2020, 16h07

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