Vendredi 29 mai 2020 | Dernière mise à jour 07:47

Covid-19 Ruth Dreifuss et des experts pour un «vaccin du peuple» gratuit

Près de 150 dirigeants et experts mondiaux demandent aux Etats de garantir à Genève la gratuité pour les patients de possibles vaccins et médicaments contre le coronavirus.

Ruth Dreifuss préside la Commission mondiale sur la politique des drogues à Genève. Avec près de 150 experts et dirigeants mondiaux, elle se mobilise pour la gratuité de l'accès aux soins (vaccin, médicaments, diagnostics).

Ruth Dreifuss préside la Commission mondiale sur la politique des drogues à Genève. Avec près de 150 experts et dirigeants mondiaux, elle se mobilise pour la gratuité de l'accès aux soins (vaccin, médicaments, diagnostics). Image: Keystone

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Appelant à un «vaccin du peuple», les signataires de cette lettre ouverte demandent que les Etats membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) approuvent plusieurs engagements dès lundi prochain lors de l'Assemblée mondiale de la santé, prévue en ligne. «Les gouvernements et leurs partenaires internationaux doivent s'unir» sur cette question. Parmi les personnalités qui se mobilisent se trouve l'ancienne présidente de la Confédération, Ruth Dreifuss.

«Fabriqué rapidement»

Lorsqu'un vaccin sûr et efficace sera validé, il devra «être fabriqué rapidement en grande quantité et relayé vers toutes les populations, dans tous les pays, gratuitement», disent les signataires. «La même chose doit être appliquée à tous les médicaments, diagnostics et autres technologies contre la Covid-19».

Les personnalités demandent qu'une série d'autorisations gratuites de mises sur le marché soient attribuées à tous les pays. Elles estiment que les pays riches doivent financer un plan de fabrication et de distribution mondial pour rapidement fabriquer des milliards de doses relayées à prix coûtant et encadrer les millions de travailleurs de la santé qui devront les utiliser. Le patient devra pouvoir les recevoir gratuitement.

Plusieurs ex-dirigeants et Nobel

Outre Mme Dreifuss, qui préside la Commission mondiale sur la politique des drogues à Genève, quatre chefs d'Etat et de gouvernement se sont associés à cette lettre. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, actuellement à la tête de l'Union africaine (UA), figure parmi eux.

D'anciens dirigeants, mais aussi des Prix Nobel ou des rapporteurs spéciaux de l'ONU ont également rejoint cet appel que les signataires considèrent comme le plus large sur la question du vaccin depuis le début de la crise. Il y a quelques semaines, l'OMS, le président français Emmanuel Macron et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avaient lancé une initiative pour garantir une répartition équitable d'un futur vaccin.

Les Etats-Unis font bande à part

Les Etats-Unis, qui ont suspendu leur contribution à l'OMS accusée d'être proche de Pékin, n'avaient pas participé. Ni à la conférence de donateurs qui avait suivi une dizaine de jours plus tard et rassemblé près de 8 milliards de francs. Washington se voit elle reprocher de chercher à sécuriser des doses d'une future immunisation pour ses citoyens.

«Des milliards de personnes attendent un vaccin», explique M. Ramaphosa. Selon lui, les brevets ne doivent pas s'appliquer à cette situation pour éviter de discriminer ceux qui auront accès aux soins. «Nous devons travailler ensemble», renchérit le Premier ministre du Pakistan Imran Khan.

«Des engagements concrets»

Ces dirigeants actuels ou anciens reconnaissent aussi la collaboration internationale sur la recherche, le financement et l'accès. Mais ils ajoutent qu'il ne faut pas préférer les intérêts des entreprises les plus riches et des gouvernements dans cette crise. Ils demandent «des engagements concrets» pour atteindre des soins abordables et rapides pour tous.

Dans un autre appel lancé jeudi, l'Association médicale mondiale demande de son côté aux pays de soutenir financièrement l'OMS, sans s'en prendre nommément aux Etats-Unis. Elle appelle l'organisation à résister à toute influence politique. Elle souhaite également des réaménagements structurels pour cette entité. (ats/Le Matin)

Créé: 14.05.2020, 11h15

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