Mardi 2 juin 2020 | Dernière mise à jour 02:14

Furieux Sébastien Fanti, un rebelle contre le traçage sanitaire

Le préposé valaisan à la protection des données se met en travers des partisans de l'application de traçage. Selon lui, il y a des risques d'erreur et le système choisi n'est pas «neutre».

Pour le préposé valaisan à la protection des données, le système de traçage mis au point par les EPF suisses n'offre pas toutes les garanties pour le proposer à la population.

Pour le préposé valaisan à la protection des données, le système de traçage mis au point par les EPF suisses n'offre pas toutes les garanties pour le proposer à la population. Image: Olivier Maire/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Application de traçabilité; chimère numérique ou réelle plus-value?» Sous ce titre, Sébastien Fanti, préposé valaisan à la protection des données, a organisé dimanche soir sur les réseaux sociaux un débat autour de l'application DP-3T développée dans les écoles polytechniques fédérales de Lausanne et Zurich: «Cela a duré plus d'une heure, tant les gens ont des questions sur le sujet et ne savent pas qu'en penser.»

Un projet de «geek»?

L'application n'est pas encore disponible, mais pour lui, il n'y a pas à tergiverser. C'est une chimère, qui n'apporte pas une solution fiable. Face aux autorités qui «vantent» le produit, il adopte clairement une position de rebelle: «C'est une bataille très violente et je me fais même insulter par des gens de l'EPFL, où, pourtant, les experts en sécurité informatique sont divisés. Dans un bureau, on trouve ce projet fantastique, mais dans l'autre, on dit que cela ne tient pas la route. Même à l'Etat de Vaud on est sceptique, où l'on parle d'un projet de geek.»

Le risque de «faux positifs»

Il se défend d'être opposé à un traçage pour éviter que l'épidémie ne reprenne, mais d'une «manière fiable et neutre technologiquement». Il constate que le système, qui utilise la technologie Bluetooth, est imparfait et pourrait détecter des «faux positifs». Des personnes devraient être alors mises en quarantaine, alors qu'elles n'ont rien, avec toutes les conséquences économiques que cela peut avoir pour elles.

Technologies et croyance

Sur la forme, Sébastien Fanti observe que l'application DP-3T dépend partiellement de Google et d'Apple et que ces concepteurs utilisent Zoom et Google Docs pour s'échanger des informations, ce qui entame largement sa confiance sur la neutralité du projet. Sur le fond, il dénonce une tendance au «solutionnisme technologique: une croyance selon laquelle les problèmes pourraient être résolus de manière simple et rapide grâce aux nouvelles technologies.»

Eric Felley

Créé: 12.05.2020, 11h26

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.