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Canton de St-Gall Migros interdit à une dame démente de faire ses courses

Une octogénaire atteinte de démence a été interdite d'achats dans les magasins du géant orange. Elle oubliait de payer ses courses.

La Migros ne plaisante pas avec les vols à l'étalage.

La Migros ne plaisante pas avec les vols à l'étalage. Image: Keystone

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C'est une triste histoire que relate le Tagblatt mercredi. En effet, une dame âgée de 82 ans, n'a plus le droit de faire ses courses dans une filiale de la Migros à St-Gall pour cause de vol à l'étalage multiple. Hic: la vieille femme est atteinte de démence.

C'est son fils, Marco Brunner, qui raconte avoir découvert chez sa mère une lettre officielle du Ministère public st-gallois en ce sens. Il dit être alors tombé des nues. La façon dont on a traité sa mère le laisse toujours sans voix. Après avoir demandé des explications, il s'avère que sa maman est accusée de n'avoir pas payé un paquet de viande dans la Migros de son quartier. Elle s'est fait prendre en outre en train de manger du raisin dans le même magasin.

Les deux fois, elle a dû affronter la gérance de la succursale et a dû payer 150 francs pour la viande volée. La Migros lui a ensuite signifié une interdiction d'entrer dans tous les magasins du groupe pour toute la Suisse orientale. Malgré cela, un 3e incident est survenu début février. L'octogénaire est de nouveau repartie sans payer des achats.

Achats accompagnés

Dora Brunner, elle, ne se souvient de rien. Depuis deux ans, elle est dans son monde. Et lorsqu'elle part faire une sortie, elle en oublie tout le lendemain. Mais elle arrive encore à être autonome dans son environnement habituel. «Elle connaît les gens, son coin et elle parvient à trouver son chemin», explique son fils. Elle fait ses courses à la même Migros depuis 50 ans. «Tout le monde la connaît à la caisse», dit-il.

Le fils explique alors la situation à la Migros et propose que sa mère fasse ses courses uniquement avec un sac transparent. Le géant orange tempère un peu sa position et autorise la vieille dame à se rendre dans ses magasins, mais uniquement si elle est accompagnée. Dans une lettre, il prévient des conséquences pénales qui l'attendent si elle ne se conforme pas à ces directives.

Selon le porte-parole de Migros Suisse orientale, Andreas Bühler, il y a en moyenne deux cas de ce genre par année. Et il défend la position du détaillant: interdire une personne comme Dora Brunner ou l'obliger à être accompagnée est la seule solution, selon lui. «Nous voulons ainsi faire pression sur les membres de la famille en particulier. Nous ne pouvons pas offrir d'autres services, comme une aide durant les achats par exemple, ceci pour des raisons de capacité.»

Le porte-parole affirme que le personnel est formé pour s'occuper des personnes atteintes de démence. Mais s'il est possible de gérer ces malades dans de petites succursales, c'est mission impossible dans les plus grandes surfaces, estime-t-il.

Créé: 25.04.2018, 15h09

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