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Suisse La sexualité des jeunes est globalement saine

Une enquête basée sur un peu plus de 7000 jeunes et publiée jeudi donne quelques chiffres sur leurs pratiques sexuelles.

Image: Archive/photo d'illustration

Plus de 90% des jeunes sont hétérosexuels

Environ 90% des hommes et des femmes interrogés dans l'étude ont rapporté être uniquement ou fortement attirés par des personnes du sexe opposé. Les hommes (4,6%) étaient plus représentés que les femmes (1,8%) dans le cas d’une attraction pour une personne du même sexe.

Il est intéressant de noter que 0,6% des femmes et 0,4% des hommes ont déclaré ne pas se sentir attirés par qui que ce soit, soulignent les chercheurs.

La grande majorité des participants (92%) se sont décrits comme hétérosexuels et environ 6% homosexuels ou bisexuels. Un peu moins de 2% ne savaient pas et 0,6% ont choisi la réponse autre.

Environ une femme sur neuf a rapporté un dysfonctionnement sexuel. Parmi les hommes, 17,5% ont rapporté une éjaculation précoce et le même pourcentage un trouble de l’érection, mais seulement 0,6% ont rapporté un trouble modéré à sévère.

Pour les scientifiques, cela montre que contrairement à la croyance populaire, les dysfonctions sexuelles sont relativement communes chez les jeunes. Dans leurs conclusions, les auteurs suggèrent des études supplémentaires sur les activités sexuelles en ligne en termes de fréquence des pratiques et du risque potentiel encouru.

Le taux d'infections sexuellement transmissibles rapporté par les sondés est jugé relativement élevé par rapport à d’autres études. Il nécessiterait également une analyse plus approfondie.

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La sexualité des jeunes en Suisse est globalement saine, selon une étude réalisée par le CHUV de Lausanne et l’Hôpital universitaire de Zurich (USZ). Mais les femmes restent nombreuses à faire état d’expériences non désirées et d’abus sexuels.

Contactés de manière aléatoire, 7142 jeunes âgés de 26 ans en moyenne ont répondu en ligne aux questions d’un groupe de chercheurs de l’Institut universitaire de médecine sociale et préventive (IUMSP) du CHUV, du Pôle de recherche national LIVES à l’Université de Lausanne et de l'USZ.

Au moment de l’enquête, 75% des jeunes étaient dans une relation stable qui avait débuté vers leurs 22 ans; 95% avaient déjà eu une ou un partenaire sexuel au cours de leur vie et 86% n’avaient expérimenté que des contacts hétérosexuels. L’âge moyen du premier contact sexuel se situe juste en dessous de 17 ans, selon un communiqué publié jeudi.

Presque tous les jeunes ont déjà pratiqué le sexe oral (96%) et la pénétration vaginale (95%). Le même pourcentage de femmes que d’hommes (49%) a indiqué avoir déjà expérimenté le sexe anal. Ils sont une très petite minorité à avoir expérimenté le sexe en groupe ou utilisé des médicaments pour améliorer les performances sexuelles.

Activités sexuelles en ligne

La précédente étude de ce type date de 1995 et concernait les 15-20 ans. Or beaucoup de choses ont changé en matière de sexualité au cours des vingt dernières années, marquées entre autres par la banalisation du sida, passé du statut de maladie mortelle à maladie chronique, et l’apparition d’internet.

«C'est un autre monde», a indiqué à Keystone-ATS le Pr Joan-Carles Suris, de l’IUMSP, investigateur principal de l’étude financée par le Fonds national suisse (FNS). «Ce travail nous a permis de mettre des chiffres sur des choses que l'on connaissait déjà sans pouvoir les quantifier», commente le spécialiste.

Ainsi, plus de la moitié des jeunes ont déjà eu recours à un site ou une application de rencontres, soit 62% des hommes et 44% des femmes.

Les hommes sont 48% à avoir eu un rendez-vous avec une personne rencontrée sur internet (43% pour les femmes) et 36% à avoir une conversation érotique en ligne (28% pour les femmes). Pas moins de 35% des hommes (22% des femmes) ont déjà eu une relation sexuelle avec une personne rencontrée sur le net.

Des études approfondies sur la fréquence et les risques potentiels encourus lors d’activités sexuelles en ligne seraient nécessaires, soulignent les auteurs de l'étude.

Neuf jeunes sur dix se protègent

Dans une large majorité (93%), les jeunes se protègent lors de leur premier rapport sexuel, principalement avec le préservatif masculin. «Il est réjouissant de voir que beaucoup de jeunes adultes ont déjà ce réflexe, même si un taux encore plus élevé serait souhaitable», constate la Pre Brigitte Leeners, de l'USZ, citée dans le communiqué.

La contraception évolue toutefois avec l’âge: lors de leur dernière relation sexuelle, les méthodes de contraception et de protection les plus utilisées étaient le préservatif (54%) et la pilule (45%). Enfin, près de la moitié des femmes ont déjà eu recours à la pilule du lendemain.

Cependant, même si le taux d’utilisation du préservatif est assez élevé, une infection sexuellement transmissible (IST) a été diagnostiquée auprès de 10% des jeunes. Enfin, 45% des jeunes ont déjà fait un test de dépistage du VIH, avec un résultat négatif pour la quasi-totalité des cas.

Expériences non désirées

Les femmes sont largement plus nombreuses que les hommes à avoir accepté une expérience sexuelle sans vraiment le désirer (53% contre 23%). Comme première raison, elles indiquent l’avoir fait pour garder une bonne relation avec leur partenaire.

En outre, 16% des femmes ont indiqué avoir été victimes d’un abus sexuel ou d’un viol, contre 2,8% chez les hommes. Une petite minorité (3,7% chez les hommes, 2,8% chez les hommes) de jeunes échangent des faveurs sexuelles contre de l’argent, des cadeaux ou des avantages.

Plus de la moitié des hommes (56%) et 46% des femmes ont déjà eu un rapport sexuel alors qu’ils étaient alcoolisés. Par ailleurs, 11% des femmes ont déjà été enceintes et 8% des hommes ont déclaré avoir déjà eu une partenaire enceinte à la suite d’une relation sexuelle avec eux.

Pour le Pr Suris, cette recherche permettra de mettre sur pied des programmes de prévention à l'intention de sous-groupes de jeunes. Il reste du travail à faire du côté des rapports non désirés et des abus sexuels chez les jeunes femmes, les chiffres n'étant «pas très réjouissants», selon le chercheur. (ats/nxp)

Créé: 06.09.2018, 10h05

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