Vendredi 21 septembre 2018 | Dernière mise à jour 15:19

JO d'hiver Sion 2026: le National veut un vote de toute la Suisse

Le Conseil national a accepté une motion qui veut que les Suisses aient leur mot à dire concernant les jeux olympiques d'hiver. C'est la déception du côté du Valais et du comité d'organisation.

C'est la déception et la colère pour le conseiller national valaisan Philippe Nantermod.
Vidéo: chTalos

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Le peuple suisse pourrait voter sur les JO d'hiver 2026. Le National a accepté mardi une motion de Silva Semadeni (PS/GR). Selon elle, l'avis des citoyens est essentiel lorsque la Confédération promet un milliard. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

La décision est passée par 92 voix contre 87 et sept abstentions. Elle a cartonné dans les rangs du PS et de l'UDC. La Grisonne demande que le soutien de la Confédération fasse l'objet d'une loi, attaquable par référendum. «On ne saurait retirer au peuple son droit à s'exprimer pour un événement si important», a-t-elle déclaré. Le Conseil fédéral s'est opposé à une votation fédérale, faute de temps. Les décisions de financement des Jeux doivent en effet être prises d'ici au dépôt de la candidature d'ici janvier 2019.

Une votation équivaut à un renoncement

Faire voter le peuple suisse sur Sion 2026 équivaudrait à renoncer aux Jeux olympiques en Valais cette année-là. Ce serait impossible pour des raisons de temps, estime Hans Stöckli, vice-président du Comité d'organisation de la manifestation.

Le délai pour le dépôt de la candidature échoit le 11 janvier 2019. Or une votation fédérale ne peut intervenir avant juillet 2019. Pour une question d'agenda, cela signifierait qu'on ne peut pas poursuivre le projet, a précisé mardi le conseiller aux Etats (PS/BE).

Certes, le calendrier est serré, a admis Silva Semadeni. Mais le Parlement pourrait débattre en été puis en automne et la votation populaire serait organisée le 10 février 2019. En cas de non, le comité de candidature n'aurait qu'à retirer son dossier après l'avoir déposé.

Réponse aux Valaisans

Aux nombreux élus valaisans qui craignaient un enterrement des Jeux, Silva Semadeni a répondu qu'elle doutait de la durabilité de ce type d'événement. «On sait exactement qui définit les règles. Ce n'est pas nous, ni le Valais. C'est le CIO (Comité International Olympique). Résultat, ces JO sont devenus gigantesques et super-commercialisés».

Des études montrent que le budget des Jeux olympiques a été dépassé, en moyenne de plus de 150% durant la période de 1960 à 2016. Un grand nombre de villes et de pays ont dû assumer des déficits élevés. D'autres ont renoncé, à l'image des Grisons qui ont voté par deux fois contre en 2013 et en 2017, a-t-elle rappelé. Selon un sondage réalisé en février, 59% des Suisses s'opposeraient à la candidature de Sion.

La Verte genevoise Lisa Mazzone était également en faveur d'une votation populaire. Elle s'en explique:

Un événement phare pour la Suisse

Le Conseil fédéral n'était pas d'accord. «Les JO représentent un événement à fort rayonnement international et constituent une chance pour la Suisse de faire connaître ses atouts», a soutenu le ministre des sports Guy Parmelin. La Confédération versera au maximum un milliard de francs sous forme de subvention.

Le Conseil fédéral soumettra ce financement au Parlement. Les débats devront être clos d'ici la fin de l'année. Cette procédure choisie par le Conseil fédéral ne prévoit pas de référendum.

«Il ne faut pas changer les règles en cours de route», a insisté le Vaudois en réponse à plusieurs voix critiques du PS et de l'UDC. En introduisant un référendum financier, on s'écarterait des principes établis dans l'attribution des compétences, a-t-il souligné.

La contribution fédérale est en outre conditionnée à une large participation financière des cantons et des communes hôtes. Par ailleurs, le peuple sera quand même consulté. Les Valaisans se prononceront le 10 juin. S'ils disent «non», le projet ne pourra pas être poursuivi.

Pas de responsabilité en cas de déficit

Le National a par contre enterré par 134 voix contre 53 un postulat de Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL) pour qu'une expertise juridique établisse la responsabilité de l'Etat en cas de JO déficitaires. La majorité s'est ralliée au Conseil fédéral selon lequel il est établi que la Confédération n'assumera pas de responsabilité.

Elle n'est en effet pas membre du comité d'organisation responsable de la réalisation des jeux. La Confédération ne sera en outre jamais une partenaire contractuelle du CIO. Elle ne conclura pas non plus de contrats avec les prestataires. (ats/nxp)

Créé: 13.03.2018, 11h38

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