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Témoignage Implants PIP: «Je suis hors de moi»

Opérée en 2003, Mme N. réclame à une clinique montreusienne le remboursement des 13?000?francs de l’intervention.

Mme N. devant la clinique montreusienne où elle a reçu des implants PIP en 2003.

Mme N. devant la clinique montreusienne où elle a reçu des implants PIP en 2003. Image: Laurent Crottet

Le médecin ne comprend pas

Comme l’annonçait le «19:30» mardi soir, la clinique «Laclinic» à Montreux (VD) a implanté 180 paires de prothèses PIP ¬- susceptibles de contenir un gel frauduleux destiné à l’industrie - sur les 280 femmes opérées en Suisse, selon Swissmedic. «En mai 2010 déjà, dès l’annonce de ce scandale, nous avons transmis à Swissmedic la liste de nos patientes concernées. Toutes ont été contactées par écrit en décembre 2010 et font l’objet d’un suivi attentif», fait remarquer le Dr Michel Pfulg, fondateur de cette clinique spécialisée dans la chirurgie esthétique. «Face à l’ampleur mondiale prise par cette polémique fin 2011, nous avons recontacté toutes nos patientes concernées pour leur proposer une explantation à prix coûtant, soit 5000 fr, non compris le prix des nouveaux implants (environ 2500 fr). A ce jour, sur une quarantaine de patientes ayant déjà été réopérées, 8 cas de rupture ont été constatés. Conscients de l’angoisse générée par cette fraude incroyable , nous offrons à toutes nos patientes la possibilité de changer leurs implants PIP chez nous, qu’ils soient défectueux ou non.» «Pour ce qui est du cas de Mme N., je ne comprends pas son acharnement. Ses implants, posés en 2003, ont été régulièrement contrôlés et la dernière échographie datant du 28 décembre 2011, montre que ses deux implants sont absolument intègres, sans aucune pathologie associée. Ma proposition de les lui enlever et de remodeler sa poitrine à prix coûtant tient toujours.» Quid du prix d’achat des prothèses, bien inférieur, selon certains, aux autres sur le marché? «C’est inexact. Le prix des prothèses PIP était dans la moyenne du marché à l’époque. Elles étaient conformes à la norme CE et homologuées par Swissmedic. PIP était une marque reconnue aussi du fait qu’elle était la seule au monde à fabriquer des implants asymétriques, le sein gauche et le sein droit étant différents, ce qui était précieux pour un chirurgien reconstructeur.»

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Ma vie est empoisonnée depuis le 15 décembre! Jour où le chirurgien qui m’avait opérée dans sa clinique m’a annoncé dans son bureau que mes prothèses mammaires étaient des prothèses PIP, ce que j’ignorais, raconte Mme N. Il m’a tendu une lettre me proposant de me les retirer «pour un prix forfaitaire de 5000 francs.»

Dire que ce courrier fâche Mme N., 64?ans, est un euphémisme. «Je fulmine. Mon sang bout. Je suis hors de moi!» tempête cette Vaudoise d’origine italienne, domiciliée dans une station des Préalpes. «Vous comprenez, j’aurais pu me faire opérer en Italie, enchaîne-t-elle. Mais, non, j’ai choisi la Suisse, la meilleure clinique qui soit sur la Riviera. Je me disais, là au moins, c’est sérieux, je ne risque rien.»

En lisant l’interview de Solange*, qui s’était fait opérer à Paris et dont une prothèse avait fui, Mme N. a contacté «Le Matin». «Mon cas est différent puisque je me suis fait opérer en Suisse. Mais elle, moi et toutes les femmes implantées avons d’abord eu affaire à ce délinquant de fabricant français, puis à de vrais irresponsables. J’ai lu que ces prothèses PIP frauduleuses étaient bien moins chères que les autres, raison pour laquelle elles ont eu tant de succès!» Ce que dément formellement l’établissement montreusien Laclinic incriminé.

«Du poison dans mon corps»

«Maintenant, poursuit Mme N., je veux enlever mes prothèses, que je ressens comme du poison dans mon corps. Ils me disent qu’il n’y a aucune fissure, que tout va bien. Mais mon corps parle. Ça me fait mal, j’ai des lancées dans la poitrine et, il y a deux ans, un radiologue de Lausanne m’a ponctionné 7?dl d’un liquide jaunâtre dans un sein. Ce n’était rien, m’ont-ils dit. Et je dois les croire?

Déterminée à se faire explanter «mais dans une autre clinique», Mme N. vient de faire appel à un avocat, qui lui déconseille dans un premier temps de porter plainte. Il a écrit mardi au chirurgien de sa cliente pour lui demander le remboursement de l’opération réalisée il y a neuf ans, soit un montant de 13?000?francs. (Le Matin)

Créé: 19.01.2012, 07h20

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