Lundi 20 janvier 2020 | Dernière mise à jour 07:38

Suisse Suicide assisté: un grand défi pour les prêtres

La Conférence des évêques suisses (CES) a établi un document pour guider les agents pastoraux qui accompagnent les personnes en fin de vie.

Image: illustration/AFP

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Alors que l'Église catholique est contre le suicide assisté, comment les prêtres peuvent-ils accompagner les personnes qui envisagent cette option? La Conférence des évêques suisses (CES) a établi un document de 30 pages pour définir des orientations pastorales.

Cette délicate question du suicide assisté a été au coeur de la dernière assemblée de la CES du 2 au 4 décembre à Lugano. Sa position de principe reste claire: l'Église catholique respecte la liberté individuelle, mais elle n'encourage pas l'aide au suicide.

Elle observe dans le même temps que «de plus en plus de personnes en Suisse recourent au suicide assisté par peur de la sénilité, de la douleur ou de la solitude», écrit-elle dans un document intitulé «Attitude pastorale face à la pratique du suicide assisté».

Forts de ce constat et dans ce contexte, les évêques suisses se posent donc la question de «l'accompagnement pastoral approprié» envers les personnes qui envisagent un suicide assisté et qui se tournent vers la communauté ecclésiale avec la demande d'être accompagnées et de recevoir les sacrements.

Quitter la chambre au moment de l'acte

La CES a ainsi adopté à Lugano des orientations pastorales pour aider les prêtres et agents pastoraux à accompagner au mieux les personnes choisissant le suicide assisté. «Assister les malades n'est pas une option dans l'agir du chrétien, mais l'une des œuvres de charité que le Christ lui-même a réalisée et qu'il commande d'accomplir, afin d'imiter le Père débordant de miséricorde», souligne le document.

«Le défi éthique est particulièrement grand pour les prêtres ainsi que pour les agentes et agents pastoraux dans ces situations exigeantes», relève aussi le texte.

Le document adopté ne pose «aucun jugement sur les personnes mais montre, à l'aide d'exemples concrets de la pastorale, les questions qui se posent et les options d'action qui peuvent être envisagées à l'égard des personnes qui envisagent le suicide assisté et à l'égard de leurs proches ainsi que des professionnels de la santé».

Le document accorde une attention spécifique à l'accompagnement pastoral des personnes lors du passage à l'acte: «Comme dans toutes les phases précédentes, les agents pastoraux doivent maintenir l'espérance que ce désir reste réversible. Mais ils ont le devoir de quitter physiquement la chambre du suicidaire au moment de l'acte. Quitter la pièce ne signifie cependant pas abandonner la personne.»

«C'est à l'accompagnant pastoral de discerner l'attitude la plus appropriée à avoir entre le moment de la prise de la substance létale jusqu'au moment du décès, qui peut survenir longtemps après. Ce pourra être, par exemple, de revenir vers le mourant ou d'offrir un accompagnement pastoral aux proches», poursuite le document.

Pas un service normal et reconnu socialement

La CES rappelle que «le suicide assisté ne doit pas devenir un service normal et reconnu socialement. Mais il faut accompagner les personnes souffrantes avec amour et charité. Car la souffrance peut ouvrir un chemin avec le Christ.»

Face à «la tendance actuelle à banaliser le suicide assisté», la CES constate que, «dans la perspective chrétienne, un suicide transgresse trois devoirs»: envers soi-même, car le suicide est contraire au commandement d'amour qui enjoint à toute chrétienne et chrétien de s'aimer soi-même autant que Dieu l'aime; envers autrui car le suicide fait du tort à l'entourage et porte ainsi atteinte à la charité envers autrui; envers Dieu, car la vie humaine est un don de Dieu. (ats/nxp)

Créé: 05.12.2019, 13h06

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