Lundi 23 juillet 2018 | Dernière mise à jour 17:29

Libre circulation «La Suisse perdra sa force d'innovation»

Patrick Aebischer, le président de l'EPFL, dit toute son irritation et son amertume après le oui après l'initiative UDC «Contre l’immigration de masse». Il se montre inquiet pour l'avenir.

Patrick Aebischer, président de l'EPFL, se montre inquiet des conséquences après le vote sur la libre-criculation.

Patrick Aebischer, président de l'EPFL, se montre inquiet des conséquences après le vote sur la libre-criculation. Image: Keystone

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Monsieur Aebischer, qu'avez-vous fait ces derniers jours pour rester dans les projets européens?
Nous avons rencontré les politiciens et les négociateurs qui mènent les discussions. Le temps presse. De très importants rendez-vous sont prévus en mars déjà.

Lesquels?
Celui des ERC (European Research Council) avec ses programmes de recherche prestigieux et très bien dotés. Nos deux Ecoles Polytechniques Fédérales (EPF) en profitent d'une façon fantastique. Le délai de requête court jusqu'au 25 mars et nos chercheurs s'y préparent intensément et nous ne savons pas si nous pourrons y prendre part. Nous travaillons actuellement dans des conditions très difficiles, vous savez. Le temps presse.

Quelles sont les solutions?
Nous devons accepter une phase transitoire. Ou nous faisons nos emplettes dans le projet. Il m'est impossible de dire aujourd'hui à quel point ces solutions sont réalistes.

Que conseillez-vous à vos chercheurs?
C'est très frustrant pour le moment et tous nos travaux sont en jeu... mais continuez à soumissionner! Allez-y!

La participation au projet à milliards Horizon 2020 est en jeu. Que cela signifie-t-il pour la recherche en Suisse si elle ne peut pas y participer?
Ce serait une catastrophe. Naturellement, cela n'arrivera pas demain mais avec les années, la Suisse perdra en innovation, en capacité de compétition, il y aura moins de start-up. La coopération avec nos collègues européens est très profitable et près d'un tiers des ressources étrangères à l'EPFL provient de l'UE. Nous en profitons énormément. Si la Suisse place un franc dans des programmes européens, elle en reçoit 1,50 franc en retour.

L'UDC explique que l'argent destiné aux projets européens serait mieux investi dans des projets suisses.
C'est n'importe quoi. C'est comme si Federer ne pouvait plus jouer à Wimbledon et uniquement à Gstaad et on lui dirait: «Hey, on va te bâtir un deuxième Gstaad.»

Comment avez-vous personnellement vécu cette votation?
J'étais furieux et abattu. Je m'attendais à un résultat serré mais dans l'autre sens. Pour moi, en tant que Romand, c'est encore plus frustrant parce que nos cantons ont rejeté l'initiative. Nous en voyons maintenant les conséquences: la recherche est la première touchée. Probablement, quelques milliers de gens -qui ont envoyé un signal- voteraient à présent différemment.

Les EPF en ont-elles fait assez avant la votation?
Nous avons essayé, nous avons rédigé un manifeste. Au moins, cela a marché en Suisse romande. Mais on peut toujours dire qu'on peut en faire plus. Il reste toutefois très difficile pour nous de lutter contre les arguments populistes de l'UDC. Ce genre de combat ne correspond malheureusement pas à la manière de faire des chercheurs. (nxp)

Créé: 18.02.2014, 13h20

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