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Prostitution Des jeunes Roumains draguent les seniors

A Genève, de jeunes hommes proposent leurs services tarifés en cassant les prix et de manière illégale. Les clients sont tout de même sur leurs gardes.

Les prostitués cherchent souvent des clients dans un bar de la rue de Berne connu comme lieu de rencontre des homosexuels.

Les prostitués cherchent souvent des clients dans un bar de la rue de Berne connu comme lieu de rencontre des homosexuels. Image: Christian Bonzon

La criminalité roumaine explose

Seul le marché de la drogue échappe encore aux Roumains à Genève. Si la criminalité venue de Roumanie s’est diversifiée, elle a aussi explosé. En matière d’infractions au patrimoine (vols, cambriolages, etc.), les infractions pour cette catégorie de délinquants sont passées de 3,5% en 2007 à 17,3% en 2013.

«Les Roumains sont en train de supplanter les Maghrébins», constate le conseiller d’Etat genevois en charge de la Sécurité, Pierre Maudet. A la première vague des mendiants de 2007-2008, ont succédé des professionnels plus aguerris dès 2011.
«Le bouche à oreilles a fonctionné: il s’est dit qu’à Genève il y avait de bonnes possibilités de commettre des délits et de prendre de l’argent», ajoute Silvain Guillaume-Gentil, porte-parole de la police genevoise.

Pierre Maudet poursuit: «Nous sommes déterminés à tout faire pour inverser la vapeur. On ne laisse pas commettre des délits impunément. Tel est notre message. Et nous faisons ce qu’il faut pour.»
Force est de constater que les infractions reprochées à cette catégorie de population visent souvent des personnes âgées. Devant le Tribunal criminel de Genève l’an dernier, des individus originaires de Bucarest ont d’ailleurs reconnu s’attaquer à elles parce qu’elles sont «moins agiles, moins rapides».

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La mendicité à la grand-papa, c’est fini. Aujourd’hui, les Roumains sont actifs dans toutes sortes de domaines à Genève: les vols, les cambriolages, le recyclage de métaux précieux dérobés, la prostitution. Une prostitution illégale, ces jeunes femmes et hommes n’étant de loin pas tous enregistrés auprès de la brigade des mœurs de la police genevoise comme l’exige la loi, et ne payant ni AVS ni impôts. Leur terrain de chasse? On en trouve aussi bien dans le quartier de Plainpalais, à proximité de la gare Cornavin ou encore à Meyrin, devant le centre commercial. Des cas ont aussi été signalés dans les toilettes publiques du parc Geisendorf, dans des cabines de sex-shop du quartier des Pâquis, un sauna de la rue Pradier.

Un début d’après-midi comme un autre à Plainpalais, à côté du cirque Knock. Un septuagénaire converse avec des Roumains en train de charger leurs téléphones portables aux bornes électriques du marché aux puces. Ancien d’une organisation internationale, comme il se présente, l’homme explique être venu ici chercher des «petites putes, mais des hommes». «Ça coûte pas grand-chose, explique-t-il, dans les 50 francs, parfois moins. Mais je ne le ramène pas chez moi: c’est trop risqué! Je n’ai pas envie de me faire voler. Je fais attention!» nous dit-il en montrant son porte-monnaie enfoncé dans sa poche et attaché par une chaîne à sa ceinture.

Il faut dire que l’histoire du couple de retraités retrouvés morts étranglés et détroussés dans son appartement de Châtelaine en novembre 2012 est encore dans les mémoires. Le sexagénaire tué avait auparavant entretenu des relations sexuelles avec son meurtrier. Un Roumain arrêté à Marseille qui a avoué l’année passée.

Marié et père de famille

Autre lieu de rencontre: un bar de la rue de Berne, connu pour être fréquenté par le milieu gay. Depuis plusieurs mois, des Roumains se sont installés ici. La plupart parlent français, sirotent une bière, un thé froid ou un rosé. «Moi je suis mec, mec», affirme l’un d’eux, marié et père de famille. A un potentiel client venant de s’attabler, il propose une passe pour… 100 000 francs. «Je plaisante», assure-t-il très vite, réclamant dans un premier temps 5 francs. Juste pour une boisson et un sandwich.

Un Genevois raconte avoir ramené «une seule fois» un jeune homme à la maison: «Il a pris une douche et a ensuite voulu mater un film porno avec des femmes. C’était pour s’exciter car selon moi il n’est pas homosexuel, il le fait pour l’argent. Mais moi, cela ne m’intéresse pas, les femmes! Je crois qu’il cherchait un endroit pour dormir. Il est reparti le lendemain, je lui ai acheté une puce pour son téléphone avec un crédit. Il m’a rappelé par la suite, il se montrait assez insistant.»

Un policier hausse les épaules: «Souvent seuls, des seniors ont pitié de ces gens qui disent pour ainsi dire tous avoir un père ou une mère malade au pays. Ils jouent sur le chantage affectif.» Une source évoque plusieurs cas de personnes âgées – hommes ou femmes – qui se sont «fait avoir», comme ce Genevois dépouillé de plus de 70 000 francs en une année à raison d’environ 5000 fr. par mois, par deux Roumaines qui se prostituaient et étaient carrément venues s’installer chez lui. La pitié est devenue un fonds de commerce. (Le Matin)

Créé: 09.05.2014, 11h47

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