Dimanche 7 juin 2020 | Dernière mise à jour 07:37

GREVE DES TPG Les Genevois ont dû faire sans bus ni trams

La grève du personnel des TPG a été massivement suivie mercredi à Genève. En soirée, les grévistes ont voté une résolution demandant l'abandon du contrat de prestation 2015-2018.

Mercredi, les usagers se sont organisés autrement.

Mercredi, les usagers se sont organisés autrement. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A Genève, la grève du personnel des TPG mercredi 19 novembre a été massivement suivie. Restés aux dépôts, les trams et bus de la régie publique n'ont pas circulé de toute la journée. En soirée, les grévistes ont voté une résolution demandant l'abandon du contrat de prestation 2015-2018.

Adopté par la commission parlementaire des transports, ce contrat de prestation passera devant le Grand Conseil en décembre. Il prévoit une diminution des prestations en raison de la baisse des prix des billets et abonnements le 14 décembre. Conséquence: 131 postes supprimés, dont 63 licenciements, dénonce le Syndicat du personnel des transports (SEV), qui a appelé lundi à une grève de 24 heures.

«Ils ont fait pression»

Mercredi matin, la direction des Transports publics genevois (TPG) espérait encore organiser un service minimum avec les chauffeurs qui voulaient travailler. Mais les grévistes ont convaincu leurs collègues de se rallier à leur cause. «Ils ont fait pression», a expliqué le directeur général Christoph Stucki. Seules les lignes opérées par des sous-traitants ont fonctionné normalement.

Sur les 1900 employés des TPG, le SEV compte 740 membres, surtout des conducteurs et des employés du service technique. D'abord réticents, les syndicats Transfair et l'Association syndicale indépendante du personnel des TPG, qui recensent environ 600 adhérents, ont rejoint le mouvement dans la journée.

Voitures pleines

Mercredi, les usagers se sont organisés autrement. Le chaos attendu par beaucoup sur les routes ne s'est pas produit. «Nous n'avons pas constaté de grandes différences par rapport à un jour de semaine normal», a relevé un porte-parole de la police genevoise.

Selon lui, beaucoup de personnes ont pris leurs dispositions pour faire face à l'absence de transports en commun. Le beau temps aidant, les piétons et les cyclistes étaient plus nombreux que d'ordinaire. Les automobiles affichaient un taux d'occupation inhabituellement élevé. Quant aux taxis, ils ont connu une journée faste.

Sanction salariale

Dans un communiqué diffusé dans l'après-midi, le gouvernement a déploré l'absence d'un service minimum, pourtant prévu par le contrat de prestations des TPG en cas de grève. Il a demandé à la régie publique de faire toute la lumière sur les causes de cette situation et de prendre les mesures appropriées. Pour M. Stucki, la seule sanction possible est une retenue de salaire.

Dans la matinée, le conseiller d'Etat Luc Barthassat, en charge des Transports, avait indiqué sur les ondes de la RTS qu'il était en discussion avec son collègue Pierre Maudet pour faire éventuellement intervenir la police devant les dépôts des TPG. Cette intervention n'a jamais eu lieu.

Prétexte à des économies

Le Conseil d'Etat a relevé «la disproportion des entraves occasionnées par rapport à la situation objective des TPG.» Il a rappelé que l'entreprise doit mettre en oeuvre les conséquences de l'initiative de l'AVIVO, acceptée à deux reprises en votation et qui impose une baisse de tarifs des transports publics. Le manque à gagner serait de 16 à 17 millions par an.

Le SEV considère qu'il s'agit d'un prétexte pour faire des coupes. Selon lui, le gouvernement veut appliquer le même type de mesures d'austérité à toute la fonction publique. Mercredi dernier, 1500 manifestants avaient répondu à l'appel des syndicats des fonctionnaires et du personnel des secteurs subventionnés pour dénoncer le projet de budget 2015.

Référendum en vue

Fort de 120 nouveaux adhérents, le SEV a voté mercredi soir à l'unanimité une résolution demandant à M. Barthassat de retirer le contrat de prestation contesté. Il réclame l'ouverture, d'ici au 28 novembre, de discussions sur un nouveau contrat qui englobe le développement du réseau, des conditions de travail de qualité et le maintien des acquis des retraités.

L'AVIVO avait annoncé mardi qu'elle lancera un référendum contre le contrat de prestation 2015-2018 s'il est voté par le Parlement. Le mouvement de grève a reçu le soutien de toute la gauche, mais il a été vivement critiqué par la droite.

Le SEV exige aussi qu'aucune sanction ne soit prise à l'encontre des grévistes. L'assemblée lui a confié le choix des futures mesures de lutte. Comme prévu, les piquets de grève devant les dépôts seront levés dans la nuit de mercredi à jeudi, a assuré le SEV. (ats/nxp)

Créé: 19.11.2014, 21h55

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.