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Lausanne Jacques Dubochet, un Prix Nobel rabelaisien

L'Université de Lausanne a célébré lundi soir Jacques Dubochet. Qualifié de «savant rabelaisien», le Prix Nobel vaudois a pris un grand plaisir à parler de recherches et de découvertes.

Jacques Dubochet ce lundi 5 février 2018.
Vidéo: Keystone

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Devant un millier d'invités dont le conseiller fédéral Guy Parmelin, Jacques Dubochet a démontré sa joie intacte à parler de son travail de chercheur. Pour ses travaux sur la cryo-microscopie électronique, il a reçu le 10 décembre dernier avec Joachim Frank et Richard Henderson le prix Nobel de chimie.

Science et conscience

Pour Jean-Daniel Tissot, Jacques Dubochet est un «savant rabelaisien». Le doyen de la Faculté de biologie et de médecine faisait référence à la célèbre maxime de l'écrivain français mort en 1553 et tirée de «Pantagruel»: «science sans conscience n'est que ruine de l'âme».

Tout au long de la soirée, cet aspect du Prix Nobel est ressorti avec force: «savoir et humanisme avec une pointe de malice», a poursuivi Jean-Daniel Tissot. Un homme avec «des convictions généreuses, un parfait ambassadeur pour la science», a relevé la rectrice de l'Université de Lausanne Nouria Hernandez.

Génie et simplicité

La conseillère d'Etat vaudoise Cesla Amarelle a parlé de Jacques Dubochet comme de quelqu'un «en état de recherche permanent» qui s'interroge bien au-delà de la science. Elle a souligné l'engagement «scientifique, politique, citoyen et militant» du Prix Nobel qui est membre du Parti socialiste.

Pour le conseiller fédéral Guy Parmelin, Jacques Dubochet est «un subtil composé de génie et de simplicité». Fidèle à ce portrait, le Prix Nobel a rendu hommage à tous les autres scientifiques qui ont participé aux travaux honorés à Stockholm. Il a relevé la chance qu'il a eue de pouvoir travailler dans d'excellentes conditions notamment à Lausanne, Genève et Bâle.

Un bien commun

Après avoir expliqué brièvement les étapes de ses recherches, Jacques Dubochet a livré un plaidoyer en faveur d'une science à considérer comme un bien commun, ce qu'elle n'est pas aujourd'hui à ses yeux. Peut-être que mes découvertes entraîneront un jour la mise au point de médicaments contre Parkinson ou Alzheimer, a-t-il lancé.

Mais ce super médicament, il coûtera combien ? «100'000 balles, alors qu'il pourrait coûter 100 balles», a déploré Jacques Dubochet, en estimant que c'était la situation actuelle pour le traitement de l'hépatite C. Le savoir doit être à la disposition de tous, s'est enflammé le Prix Nobel, avant de passer quelques secondes d'«Imagine» de John Lennon. (ats/nxp)

Créé: 05.02.2018, 21h28

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