Vendredi 13 décembre 2019 | Dernière mise à jour 09:48

Transports publics Jura: les chauffeurs de bus protestent

Une centaine de chauffeurs ont manifesté mercredi devant le Parlement pour protester contre la mise au concours du réseau de bus dans le canton.

Pour les chauffeurs de CarPostal et des Chemins de fer du Jura (CJ), l'appel d'offres du gouvernement comporte des risques en matière de conditions de travail.

Pour les chauffeurs de CarPostal et des Chemins de fer du Jura (CJ), l'appel d'offres du gouvernement comporte des risques en matière de conditions de travail. Image: Keystone

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La mise au concours du réseau de bus dans le canton du Jura suscite une vague d'inquiétude et la colère au sein du personnel de CarPostal et des Chemins de fer du Jura. Entre 100 et 120 chauffeurs et sympathisants ont manifesté mercredi devant le Parlement jurassien.

«Respect pour les chauffeurs, stop au dumping programmé», ont scandé les manifestants vêtus d'un gilet jaune en accueillant les députés et les ministres. «Le Gouvernement jurassien ne doit pas sacrifier les chauffeurs CarPostal et CJ», pouvait-on lire sur une pancarte posée devant l'entrée du bâtiment du Parlement.

Pour les chauffeurs de CarPostal et des Chemins de fer du Jura (CJ), cet appel d'offres du gouvernement comporte des risques en matière de conditions de travail. Ils redoutent surtout qu'une société étrangère pratiquant la sous-enchère salariale ne s'empare du marché et qu'ils soient ainsi livrés au groupe le meilleur marché.

La crainte est alimentée par des agissements qualifiés d'agressifs d'entreprises de transports étrangères qui ont photographié ou filmé les chauffeurs durant leur service. Plusieurs députés ont dénoncé des méthodes «surprenantes», voire «douteuses» des sociétés soumissionnaires pour emporter ce marché.

Maintien des salaires

Le syndicat du personnel des transports (SEV) et syndicom reprochent au Gouvernement de n'avoir fixé «aucun critère efficace» en matière d'appels d'offres pour protéger le personnel. Ils soulignent que les critères d'adjudication n'ont pas pris en compte les salaires et les conventions collectives appliqués par les deux entreprises.

Les syndicats affirment que l'appel d'offres se réfère au salaire minimum défini par l'Office fédéral des transports (OFT), soit 58'300 francs, inférieur d'environ 25% au salaire dans le Jura. Syndicom et le SEV estiment que le canton ne devrait prendre en considération que les sociétés qui ne «réalisent pas d'économies sur le dos du personnel».

«Informations incomplètes»

«Nous comprenons que cet appel d'offres crée de l'incertitude», a déclaré le ministre de l'environnement David Eray aux députés. «Mais nous déplorons les informations incorrectes et les interventions publiques au contenu orienté ou approximatif qui créent l'inquiétude», a ajouté le ministre.

David Eray a affirmé en réponse à une interpellation socialiste que les salaires des conducteurs ne vont pas diminuer à 58'300 francs. Il a rappelé que l'appel d'offres permettra de diminuer les coûts à la charge des collectivités publiques et d'instaurer davantage de transparence. «Il faut prendre de la hauteur», a-t-il conclu.

Intérêt de la RATP

Les soumissionnaires ont jusqu'à jeudi pour déposer une offre. Le groupe français RATP a répondu à l'appel par le biais de sa filiale chargée de l'expansion à l'étranger. «RATP ou service public», pouvait-on lire sur une pancarte. La décision doit être annoncée au printemps 2020 et l'OFT procédera ensuite à l'octroi de la concession valable pour une période de dix ans.

La procédure de mise au concours du réseau, annoncée au printemps 2017, porte sur deux lots: le premier comprend les trente lignes des régions de Delémont, de Haute-Sorne, de Clos du Doubs et d'Ajoie, le second englobe huit lignes des Franches-Montagnes. L'exploitation des 38 lignes est aujourd'hui assurée par CarPostal et les CJ.

Scandale CarPostal

Après le scandale des subventions, CarPostal est donc menacé de perdre toutes ses lignes dans le Jura. Le Gouvernement jurassien a dénoncé cette concession car il n'était pas satisfait du coût et de la qualité des offres de la filiale de La Poste.

Il a justifié cette libéralisation en relevant que les propositions faites au printemps 2017 par CarPostal pour 2018 n'étaient pas acceptables. Le Gouvernement lui reprochait son manque de transparence également. Des millions de francs sont en jeu. (ats/nxp)

Créé: 27.11.2019, 09h22

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