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Prison de la Tuilière Les gardiens accusés de maltraitance nient les faits

Sept gardiens de prison comparaissent ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Nyon.

Les agents affirment n'avoir jamais frappé la plaignante, qui présentait plusieurs hématomes importants.

Les agents affirment n'avoir jamais frappé la plaignante, qui présentait plusieurs hématomes importants. Image: Keystone

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Quatre hommes et trois femmes sont accusés d'avoir roué de coups une détenue en juillet 2009 à la prison de la Tuilière à Lonay (VD).

Tous sont accusés de lésions corporelles simples qualifiées et d'abus d'autorité. Ils nient les faits qui leur sont reprochés. La plaignante, âgée de 54 ans, purge toujours une peine de 15 ans de réclusion pour avoir instigué l'assassinat de son mari.

Cellule d'isolement

Le 18 juillet 2009, cette ressortissante dominicaine aurait été retirée de l'espace commun et placée dans sa cellule suite à une remarque ironique adressée à un gardien. Se sentant injustement traitée, elle s'est mise à pleurer et à crier très fort.

Sept gardiens l'ont alors menottée et placée en cellule d'isolement. Selon elle, certains d'entre eux l'auraient mise à terre. Le surveillant sous-chef aurait ensuite appuyé son pied sur la joue droite pour la maintenir à terre.

Les agents lui auraient ensuite porté plusieurs coups violents au niveau des bras, du ventre et des côtes. Après qu'elle leur a demandé ce qu'elle avait fait pour mériter pareil traitement, le surveillant sous-chef lui aurait répondu qu'elle se permettait de venir en Suisse pour tuer des Suisses et qu'il ne pouvait «malheureusement pas faire la même chose avec une négresse de merde».

Versions contradictoires

Examinée trois jours après les faits par le service médical de la prison, la victime présentait plusieurs hématomes importants et un décollement partiel de l'ongle du gros orteil. Sept jours d'arrêt de travail ont été prescrits. D'autres lésions ont été constatées deux jours plus tard par le Centre Universitaire Romand de Médecine Légale (CURML).

Les agents affirment n'avoir jamais frappé la plaignante. Ils disent l'avoir placée au cachot «pour la protéger», parce qu'elle se mettait en danger par son agitation extrême. L'un d'entre eux a prétendu à l'audience qu'elle lui aurait confessé s'être elle-même mutilée. Il n'a jamais fait état de cette confession durant l'enquête.

Pas de police

La police, que la détenue a appelée peu après sa sortie du cachot depuis une cabine de la prison, n'est jamais intervenue. Le surveillant sous-chef lui aurait en effet déclaré que la détenue n'était «absolument pas blessée».

Entendu à l'audience, Florent Hübner, l'ancien directeur de la prison, a expliqué que les accusés lui ont présenté des versions «cohérentes et convergentes», et qu'il leur a «fait confiance». Il a choisi à l'époque d'engager une procédure disciplinaire à l'encontre de la détenue.

Demande de récusation rejetée

Le procureur, après avoir classé l'affaire, a été contraint par le Tribunal cantonal de la porter devant le tribunal correctionnel. Une demande de récusation, présentée par les avocats de la plaignante à son encontre, a été rejetée mercredi par la chambre d'accusation du Tribunal cantonal. (ats/nxp)

Créé: 20.11.2014, 16h58

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