Vendredi 10 juillet 2020 | Dernière mise à jour 10:20

Santé publique La lutte contre le moustique-tigre s’intensifie à Genève

L’inspecteur cantonal de la faune et une biologiste à la Ville de Lancy ont contrôlé une vingtaine de jardins depuis le début du mois de mai pour neutraliser l’insecte qui peut être vecteur de maladies exotiques.

La biologiste Corinne Jacquelin présente le contenu d’un piège qu’elle utilise pour lutter contre les moustiques-tigres.

La biologiste Corinne Jacquelin présente le contenu d’un piège qu’elle utilise pour lutter contre les moustiques-tigres. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A Genève, la lutte s’organise contre le moustique-tigre, une espèce invasive particulièrement indésirable. Des spécialistes traquent les larves de cet insecte dont la présence a été signalée pour la première fois dans le canton en septembre dernier.

«Revoilà la brigade du tigre», s’exclame un habitant du chemin Louis Burgy à Lancy (GE) en accueillant Gottlieb Dandliker, inspecteur cantonal de la faune et Corinne Jacquelin, biologiste à la Ville de Lancy. Le duo est venu à plusieurs reprises dans le jardin de ce retraité et de son épouse.

Le moustique-tigre (à droite) est plus petit que la plupart des espèces indigènes. Son corps est zébré de noir et de blanc et ses pattes sont marquées de blanc aux articulations. Image: Keystone.

Le couple a été embêté l’été dernier par cet insecte particulièrement insistant, qui pique le jour. Originaire d’Asie orientale, le moustique-tigre connaît depuis plusieurs années une forte expansion en Europe. Il a fait sa première apparition en Suisse en 2003, au Tessin, un canton qui a aussi un plan de lutte contre cette espèce.

Vider les soucoupes

Pour se reproduire, le moustique-tigre apprécie particulièrement les espaces habités. Le quartier résidentiel de Lancy, où il a été repéré, lui convient ainsi parfaitement. La femelle pond ses œufs dans de petites accumulations d’eau. Les soucoupes de pots de fleurs, les bassines, les gouttières, les pneus ou les bâches font d’excellents sites de ponte.

En revanche, il n’y a pas de risque dans les étangs, «où les prédateurs exterminent les larves», explique l’inspecteur cantonal de la faune. Avec ses nombreux objets entreposés dans le jardin, l’extérieur de la maison du couple de retraités est idéal pour la femelle moustique-tigre.

Des pièges

La stratégie de lutte prévoit une neutralisation des sites de ponte. Corinne Jacquelin et Gottlieb Dandliker ont désamorcé les alentours de la maison. L’eau stagnante a été vidée de tous les récipients. Du larvicide ciblé et biodégradable est utilisé si l’eau ne peut pas être vidée, comme c’est le cas dans les grilles de canalisation. Les spécialistes ont aussi posé une quarantaine de pièges dans le quartier pour neutraliser ces insectes.

Engagée par la Ville de Lancy pour cette mission spécifique au début mai, Corinne Jacquelin visite régulièrement les habitants de la zone pour leur expliquer les bons comportements à adopter. Une vingtaine de jardins ont été contrôlés et traités, de même que le cimetière tout proche. Les collaborateurs du cimetière participent à la neutralisation des sites de pontes.

Signaler les suspects

Le canton mise sur la prévention et l’information pour lutter contre ce nuisible qui n’a pour l’instant pas été signalé ailleurs sur le territoire genevois. L’engagement citoyen est «partout indispensable», selon Gottlieb Dandliker, appelant chacun à éliminer les sites de ponte sur son balcon ou dans son jardin, et à signaler les moustiques suspects sur le site www.moustiques-suisse.ch.

A ce stade, aucun crédit supplémentaire n’a été sollicité pour lutter contre le moustique-tigre. Le plan de lutte s’inscrit dans les budgets de la Ville de Lancy et du Département du territoire.

Clandestin

Le moustique-tigre peut être vecteur de maladies exotiques comme la dengue, le zika et le chikungunya. L’insecte ne vole que sur quelques centaines de mètres. Il a réussi à se propager dans de nombreuses parties du monde, en tirant parti des transports internationaux, jouant au passager clandestin, et en profitant du réchauffement climatique en cours.

Le moustique-tigre est plus petit que la plupart des espèces indigènes. Il ne dépasse pas une pièce de 5 centimes. Son corps est zébré de noir et de blanc et ses pattes sont marquées de blanc aux articulations.

ATS

Créé: 01.06.2020, 11h01

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.