Dimanche 15 septembre 2019 | Dernière mise à jour 14:15

SwissLeaks Perquisition chez HSBC pour «blanchiment aggravé»

Le Ministère public du canton de Genève a indiqué avoir ouvert une procédure pour blanchiment d'argent contre la banque. Une perquisition est menée aujourd'hui.

Censure au Daily Telegraph ?

SwissLeaks, c'est aussi une affaire de presse, dans laquelle plusieurs médias se sont mis sur le devant de la scène, à la suite notamment du Monde qui a piloté le dépouillement des données.
En Grande-Bretagne, un éditorialiste du Daily Telegraph a démissionné avec fracas en accusant le quotidien britannique conservateur d'avoir censuré des informations sur la banque HSBC, afin de conserver les faveurs de cet important annonceur. Dans une tribune publiée mardi sur le site Opendemocracy.net, Peter Oborne explique son geste en relatant plusieurs épisodes de censure d'informations concernant le géant bancaire.

«La séparation entre la publicité et notre rédaction récompensée par de nombreux prix a toujours été fondamentale dans notre entreprise. Nous réfutons totalement tout allégation contraire», a réagi de son côté la direction du quotidien.

L'entrée de la banque était gardée par des agents de sécurité privés mercredi matin. (key)

Galerie photo

Les célébrités citées pour «Swissleaks»

Les célébrités citées pour «Swissleaks» De nombreuses personnalités sont impliquées dans le scandale «Swissleaks».

UBS déjà sous pression

La banque UBS, numéro 1 du secteur en Suisse et numéro 1 mondial de la gestion de fortune, est dans l’œil du cyclone en France. Des juges ont lancé un mandat d'arrêt contre trois anciens cadres dirigeants de cette banque mise en examen pour blanchiment aggravé de fraude fiscale.

UBS est soupçonnée par la France d'avoir démarché illégalement de riches clients français pour qu'ils ouvrent des comptes en Suisse, à l'insu du fisc. Les mandats d'arrêt ont été lancés car les trois anciens dirigeants, installés en Suisse, qui n'avaient pas répondu à une convocation.

Jusqu'à la fin des années 2000, ils étaient chargés de la gestion de fortune pour l'Europe de l'Ouest pour l'un d'entre eux, et pour la France pour les deux autres.

Dans le cadre de cette enquête, UBS a du verser une caution de 1,1 milliard d'euros imposée par les juges français. La banque réfute ces accusations de blanchiment de fraude fiscale.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Le pouvoir judiciaire du canton de Genève annonce mercredi 18 février l'ouverture d'une enquête pour «blanchiment d'argent aggravé» contre la filiale suisse de la banque privée HSBC, et contre inconnu. Le parquet a lancé dans la foulée une perquisition des locaux de la banque britannique, quai du Mont-Blanc.

L'opération est conduite par Olivier Jornot, procureur général, et Yves Bertossa, premier procureur. Le parquet précise en outre que la procédure vise directement la banque, mais est susceptible de s'étendre aux personnes «qui seraient elles-mêmes soupçonnées d'avoir commis des actes de blanchiment ou participé à ces actes».

La justice genevoise se fonde sur un article du Code pénal qui prévoit qu'une entreprise peut être poursuivie indépendamment de la punissabilité de ses employés, s'il peut lui être reproché de ne pas avoir pris toutes les mesures d'organisation nécessaires pour empêcher des infractions de se produire en son sein.

Concrètement, la banque risque une grosse amende. Des peines de prison sont également possibles, allant jusqu'à 5 ans de réclusion. Aucune enquête n'a été ouverte à son encontre par la Finma, l'autorité de surveillance des marchés financiers suisses.

Pression accrue

Cette annonce assombrit un peu plus la réputation des banques suisses, mises à mal depuis plusieurs mois par les juges étrangers, qui multiplient à leur encontre des procédures pour fraude et évasion fiscale.

HSBC était particulièrement sous le feu des critiques après l'opération SwissLeaks, menée par plusieurs médias nationaux et internationaux, faisant état de gigantesques sommes soustraites aux fiscs étrangers par des société écrans ou comptes offshore.

C'est donc désormais la justice suisse qui intervient, 10 jours après la révélation du scandale SwissLeaks par le consortium de journaux internationaux. Jusqu'alors, la banque suisse, filiale de la banque britannique HSBC, ne faisait l'objet de poursuites que de la part de parquets étrangers et semblait à l'abri sur son territoire

HSBC «continue de coopérer»

Dans une déclaration publiée après la perquisition, HSBC (Suisse) déclare «coopérer de manière continue avec les autorités suisses depuis que nous avons pris connaissance du vol des données en 2008 et continuons de coopérer».

Après la révélation du scandale le 9 février dernier, la filiale suisse d'HSBC avait déclaré que les pratiques dénoncées appartenaient «au passé». «Depuis 2008, HSBC a radicalement modifié sa stratégie», a-t-elle ajouté, reconnaissant toutefois avoir eu «des manquements» dans le passé.

Aujourd'hui la banque ne gère plus que 10.000 comptes, contre 30.000 il y a 8 ans. Les avoirs gérés par la banque ont également fondu, passant durant la même période de 118 milliards de dollars à 68 milliards de dollars.

Des milliards soustraits au fisc

La publication des titulaires de comptes de la filiale suisse de la Private Bank britannique HSBC a placé l'enseigne au cœur d'un énorme scandale financier. Le 9 février dernier, l'opérationSwissLeaks menée par plusieurs journalistes utilisait les données volées par l'ex-informaticien de la banque Hervé Falciani.

Selon Swissleaks, 119 milliards de dollars auraient transité par cette banque, dans le but d'échapper à l'impôt ou pour être blanchis via des sociétés écrans.

Les fichiers volés à l'origine de l'affaire contiennent en outre les données de plus de 106.000 clients de la banque, originaires d'environ 200 pays, entre novembre 2006 et mars 2007.

Ces données, sur lesquelles un réseau mondial de 150 journalistes a travaillé, contiennent des informations sur plus de 106'000 clients originaires d'environ 200 pays de la filiale suisse d'HSBC. Dans ces fichiers figurent les noms de Saoudiens, soupçonnés d'avoir financé Oussama Ben Laden dans les années 2000, des barons de la drogue, des trafiquants d'armes et des diamantaires véreux.

Il a pu être établi qu'entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007, quelque 180,6 milliards d'euros avaient transité sur des comptes d'HSBC à Genève. Les fonds étaient dissimulés, entre autres, derrière des structures offshore au Panama et dans les Iles Vierges britanniques.

Le montant des avoirs cachés par des Français chez HSBC serait de 5,7 milliards d'euros, pour près de 9.000 clients.

Cette semaine, à Paris, s'est ouvert le procès pour fraude fiscale contre l'héritière de la maison de couture Nina Ricci, accusée d'avoir caché plus de 18 millions d'euros chez HSBC-Suisse.

Pression suisse

Dès le premier jour de la publication de l'enquête, des voix s'étaient élevées en Suisse pour demander l'ouverture d'une enquête contre HSBC, notamment au conseil national. L'ouverture d'une enquête «serait la moindre des choses», avait notamment déclaré l'ancienne présidente de la Confédération Micheline Calmy-Rey. L'ancien procureur général du Tessin Dick Marty avait pour sa part estimé qu'il y avait dans cette affaire un «évident soupçon de blanchiment d'argent», et avait aussi demandé l'ouverture d'une procédure pénale.

Déjà sous enquête en France

La filiale suisse HSBC Private Bank était déjà dans le collimateur de la justice de plusieurs pays européens. En France, l'établissement a été mis en examen depuis le 18 novembre pour blanchiment aggravé de fraude fiscale et démarchage bancaire illicite de clients français. En Belgique, la banque est inculpée pour fraude fiscale grave et blanchiment.

Créé: 18.02.2015, 09h35

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Les plus partagés Suisse