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Enquête Le procureur localise une cellule d'Al-Qaïda à Bâle

Le Ministère public de la Confédération a engagé des poursuites contre deux frères. Ils devront répondre à la fin du mois de leurs actes devant le Tribunal pénal fédéral (TPF).

Le mollah Krekar, un prédicateur salafiste qui vit à Oslo et qui est soupçonné d'être la tête du «Zentrums Didi Nwe Auslandabteilung» à Bâle.

Le mollah Krekar, un prédicateur salafiste qui vit à Oslo et qui est soupçonné d'être la tête du «Zentrums Didi Nwe Auslandabteilung» à Bâle. Image: AFP

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Le Ministère public de la Confédération (MPC) a démarré une procédure contre le «Zentrum Didi Nwe Auslandabteilung» à Bâle, étant persuadé d'avoir affaire à une branche du réseau islamiste Al-Qaïda. Il pourrait s'agir des premières activités islamistes fondées en Suisse et poursuivies à ce titre.

Un Kurde irakien, K. T., se trouve dans la ligne de mire des autorités, qui ont déjà mené des enquêtes à son sujet à deux reprises. Avec son frère, il devra répondre le 28 avril d'appartenance à une organisation criminelle poursuivant des buts terroristes devant le Tribunal pénal fédéral (TPF).

Le jugement est attendu le 2 mai, indique le site Internet du TPF. Selon l'acte d'accusation, les deux frères ont travaillé sous la direction de Najmuddin Faraj Ahmad, alias Mullah Krekar, fondateur et ancien dirigeant de l'organisation terroriste Ansar al Islam. Ils sont accusés d'avoir soutenu le réseau Al-Qaïda en mettant sur pied et administrant des sites Internet appelant au crime.

Une «Académie de charia en ligne»

Le MPC explique que le centre disposait d'une structure de direction clandestine et dissimulait ses liens avec Al-Qaïda. Selon la plainte qu'a pu se procurer le Tages-Anzeiger, le centre gérait neuf sites pour des Kurdes irakiens et iraniens ainsi que des espaces de discussions publics et privés, dont une «Académie de charia en ligne».

Les personnes potentiellement intéressées étaient attirées à travers les sites Internet et encouragées à participer activement sous forme d'inscriptions et de commentaires. Ensuite ces personnes étaient examinées par Mullah Krekar et les cadres de la nouvelle organisation, dont faisait partie le frère aîné. A la fin, les élus se voyaient accorder l'accès aux forums de discussion fermés de l'organisation, voire au cercle de direction le plus étroit et à la structure de prise de décision.

Selon un exilé kurde qui fait partie du centre, ces accusations sont «ridicules». Il présente le centre comme un pôle d'activités culturelles sur internet. Les forums de discussions accueillaient jusqu'à 200 participants qui abordaient des sujets divers. Certains commentaires ont fait l'apologie d'Oussama Ben Laden et d'Al-Qaïda mais d'autres se sont montrés beaucoup plus critiques.

Derrière Ansar al-Islam

Pour le MPC, le «Zentrum Didi Nwe Auslandabteilung» n'est rien d'autre qu'une «réorganisation» d'Ansar al-Islam et ses sites font partie du «cyber-­jihad» qui vise à glorifier les actes et les auteurs des attentats. L'aîné K. T. ferait partie du «Haut Conseil» du centre et le MPC le qualifie de secrétaire en chef de l'organisation.

Il lui est reproché d'avoir transmis des messages entre le mollah Krekar et les groupements terroristes armés en Irak proches d'Al-Qaïda.Il aurait également reçu, en contact direct avec les représentants de ces groupements, des communiqués de vidéo sur les attentats terroristes commis par ces groupements et les aurait publiés et commentés.

Quant au cadet, il rédigeait ses propres contributions de textes, accompagnées du matériel d'images correspondant. Les deux accusés auraient, à de nombreuses reprises, téléchargé et enregistré sur leurs ordinateurs des vidéos montrant des exécutions de personnes sans défense, accomplies avec brutalité.

Permis d'établissement confisqués

Après leur entrée en Suisse, les deux Kurdes avaient obtenu l'asile politique. Ils ont été arrêtés en novembre 2008 à Bâle et placés en détention provisoire pendant treize mois pour l'aîné et dix mois et demi pour le cadet. Ils ont été libérés, mais doivent se présenter chaque semaine à un poste de police.

Leurs permis d'établissement et leurs documents d'identité irakiens leur ont été confisqués. Outre de participation à une organisation criminelle, ils doivent répondre de provocation publique au crime ou à la violence, de représentation de la violence, ainsi que de faux dans les titres et d'autres délits.

(nxp)

Créé: 15.04.2014, 13h21

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