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Insécurité L’UDC veut limiter le nombre de clubs à Lausanne

Face aux nuisances des nuits lausannoises, le parti agrarien veut serrer la vis contre les propriétaires de discos. Des propositions partagées par le PS et le POP.

Valdemar Verissimo

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Trop, c’est trop. Les politiciens lausannois ont la gueule de bois après la dernière violente bagarre entre des fêtards avinés et des policiers, un dimanche à l’aube au centre-ville. Après plusieurs aspirines, les élus affûtent leurs armes pour rétablir le calme. A l’image du parti UDC qui dégainera mardi prochain. Au Grand Conseil: l’idée est de donner davantage de pouvoir législatif aux communes, et donc à Lausanne, pour fermer un établissement non-conforme. Ce pouvoir étant aujourd’hui limité par la loi. «L’idée est que Lausanne lance un moratoire sur l’ouverture de nouveaux lieux», justifie Claude-Alain Voiblet, secrétaire général de l’UDC. Voire une réduction et la fermeture définitive des discos qui ne respectent pas les règles du jeu.

La gauche d’accord sur le fond

Cette proposition n’émane pas du seul parti UDC. La gauche est aussi d’accord sur le fond. Mais pas forcément sur la forme: les débats permettront d’affiner les détails. Lausanne compte aujourd’hui 40 clubs et discos, et 300 bars qui ouvrent jusqu’à minuit. «Pour la taille de la ville, l’activité de la nuit s’est trop développée», affirme Rebecca Ruiz, présidente des socialistes lausannois. Alain Hubler, élu du POP au Conseil communal, avait déjà proposé en avril 2010 le rétablissement de la clause du besoin, abolie en 1995, qui permettait de limiter administrativement le nombre des débits de boisson.

Pour ces acteurs, la vaste offre de la «night» lausannoise crée un appel d’air. La réduire permettrait de diminuer l’afflux de fêtards qui peuvent monter aujourd’hui jusqu’à 30?000 personnes sur un week-end, dont beaucoup arrivent de l’extérieur de la ville. Cette masse avinée traîne dans les rues et les parcs. Ce qui crée du bruit, des déchets, et surtout un potentiel de violence pour la minorité des fêtards. «Il y a même un phénomène de hooliganisme nocturne qui cherche la confrontation avec la police», ajoute Claude-Alain Voiblet.

Marc Tille, de la police cantonale vaudoise du commerce, pense que cette proposition va, notamment, contre la liberté de commerce. «Je pense que ce n’est pas possible», explique-t-il en ajoutant que les communes disposent déjà de moyens de riposte. Notamment sur les horaires d’ouverture et de fermeture. Un avis partagé par d’autres partis à Lausanne. «Je ne suis pas convaincu que l’offre soit le problème», avoue l’écolo Benoît Bieler. «Aucune proposition limitative n’est une solution», juge le radical Mathieu Blanc.

Tous ces acteurs politiques s’accordent, en revanche, sur un point. Il faut limiter la surconsommation d’alcool. Igor Blaska du Mad club a proposé hier d’en interdire la consommation sur l’espace public la nuit. Une idée partagée par l’UDC, à nouveau, qui demandera aux élus de bannir bière et vodka dans les rues dès 23?h en semaine, et dès 2?h le week-end, jusqu’au matin. (Le Matin)

Créé: 02.06.2012, 17h49