Dimanche 18 août 2019 | Dernière mise à jour 14:22

Sibérie Un Suisse sacré champion du soulevé de moutons

Entre deux excavations de tombeaux royaux, un archéologue suisse a remporté une compétition folklorique pour le moins originale.

L'archéologue Gino Caspari a soulevé un mouton plus de cent fois. Et est reparti avec un mouton.

L'archéologue Gino Caspari a soulevé un mouton plus de cent fois. Et est reparti avec un mouton.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

On ne savait pas que cette discipline existait. Mais, cocorico: on est les meilleurs. Enfin: Gino Caspari, surtout. En Sibérie, ce Suisse est devenu champion du soulevé de moutons… «Haha – si vous voulez devenir célèbres, oubliez la science et commencez à soulever des moutons!», s’amuse celui qui se présente comme archéologue et aventurier sur Facebook.

L’exploit a eu lieu dans la république de Touva, à l’extrême sud de la Sibérie, durant un festival local nommé Naadym. Événement annuel qui dure quatre jours, la manifestation qui célèbre l’agriculture et les traditions comprend diverses compétitions dont la lutte, le tir à l’arc ou des courses de chameaux.

Cocasse et costaud

Gino Caspari s’est lui donc frotté au soulevé de moutons. Il s’agit de prendre l’animal, vivant, sur ses épaules puis de s’accroupir et de se relever autant de fois que possible. Le mouton pèse «environ 50 kilos», selon la presse locale, traduite par Gino Caspari. Et le Suisse de 32 ans l’a soulevé 104 fois. Cocasse mais costaud, aussi!

C’est la première fois de l’histoire de ce festival qu’un étranger remporte cette discipline, est-il précisé. Sur son compte Instagram, Gino Caspari se montre en action. On le voit encerclé par des spectateurs enthousiastes qui l’encouragent.

Le documentariste Trevor Wallace suit le Suisse et a expliqué au «Daily Mail» que la difficulté dans le soulevé de mouton n’est pas forcément où on l’imagine. «J’ai aussi participé et j'ai découvert que le plus compliqué, c’est que le mouton ne cessait pas de me lécher l’oreille»…

Lui-même a terminé second et a été récompensé par une bouteille de sang de cerf mêlé à des herbes. «C’est supposé être bénéfique pour la santé, favoriser la force et agir comme aphrodisiaque», a-t-il précisé. Gino Caspari a lui reçu… un mouton. Il est reparti avec son lot.

Sur les traces de rois scythes

Après cette parenthèse sportivo-folklorique, le Suisse est retourné aux choses sérieuses. Présent dans la république de Tuva pour la troisième fois, l’archéologue qui s’est formé à l’Université de Berne fait partie d’une équipe internationale qui travaille à l’excavation du plus ancien tombeau scythe connu.

Les Scythes étaient d’anciennes tribus de guerriers nomades qui vivaient dans le sud de la Sibérie. Ils auraient surtout prospéré de 900 à 200 avant notre ère. Ils ont laissé de gigantesques tombeaux, nommés kourganes, constitués de chambres funéraires enterrées abritant leurs rois défunts. Tombeaux dans lesquels peuvent être accumulées de fabuleuses richesses.

Un «monument unique»

«La fouille d’un précédent kourgane, entre 2001 et 2004, a livré le plus grand ensemble d’objets précieux jamais exhumé dans toute la plaine eurasienne», relatait «Sciences et Avenir» début 2018. Citant par exemple un «pectoral de plus d’1kg d’or massif».

La publication scientifique reportait alors la découverte du nouveau tombeau par le Suisse et ses confrères russes. Et lui donnait la parole. «Les conditions de conservation, l’âge, le cadre et la taille de ce monument le rendent unique et lui confèrent une très haute valeur scientifique. Aucun autre kourgane congelé de cette envergure n’est connu dans toute l’Eurasie», avait détaillé Gino Caspari.

L’archéologue précisait alors que le tertre funéraire – la terre recouvrant les sépultures – fait 140 mètres de diamètre. Le chantier est donc gigantesque. À la mesure d’un homme capable de soulever plus de 100 fois un mouton…

Créé: 22.07.2019, 07h56

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.