Samedi 25 mai 2019 | Dernière mise à jour 20:15

IDENTITE Les Suisses sont heureux... et parfois contradictoires

Origines, intégration des étrangers, bonheur, démocratie... Un sondage réalisé auprès de 1000 personnes dévoile les craintes, les valeurs et les références actuelles des Suisses.

Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

On est un «bon Suisse» même si on ne sait pas chanter l'hymne national, la démocratie helvétique est un exemple, l'Islam est plus mal vu et la moitié des Suisses a au moins un de ses grands-parents d'origine étrangère.

Cinquante ans après le questionnaire Gulliver d'Expo 64, les artistes alémaniques Com&Com sondent l'identité des Suisses.

Dans un sondage représentatif et réalisé auprès de 1000 personnes dans les trois principales régions linguistiques de Suisse, le duo alémanique et la Fondation Festival de la Cité Lausanne scrutent les craintes, valeurs et références actuelles des Suisses.

Heureux

Qu'on se rassure: en général, le Suisse se considère heureux (76%) et en cas de coup dur, il peut surtout compter sur sa famille (75,8%), ses amis (62,8%) ou son partenaire (54,5%). Pour lui, le franc suisse et les CFF sont encore fiables, au contraire d'UBS, décrit l'enquête publiée mardi et réalisée par le bureau d'analyse management tools.

Les métiers de curé, pasteur ou vendeur par téléphone ne font pas vraiment rêver: respectivement 73% et 66% ne s'imaginent pas exercer ces métiers. Ils sont par ailleurs 22,5% à se «googler» (taper son nom sur Google) régulièrement, 32,6% affirment ne jamais le faire et 5,3% ne savent pas ce que ça signifie.

Le «bon Suisse»

La définition du «bon Suisse» est accommodante. Même si on ne sait qu'une langue nationale, si on est naturalisé, on ne sait pas l'hymne national, on n'a pas fait son service militaire ou qu'on ne se lève qu'à 9h00 du matin, on reste un «bon Suisse». La majorité des sondés (64%) refuse par contre ce statut à ceux qui ne vont jamais voter. Pour 43% des personnes, quelqu'un vivant de l'aide sociale n'est pas non plus un «bon Suisse».

Ils sont 91% a estimer que la Suisse est un exemple pour les autres pays pour sa démocratie, sa neutralité (90,6%), son plurilinguisme (90,3%) et sa propreté (88,8%).

Le Röstigraben n'existe pas pour 22% des interviewés. Pour ceux qui croient en son existence, il pourrait être supprimé notamment en enseignant davantage les langues nationales à l'école (38,9%) et en accordant plus de poids au Tessin et à la Suisse romande au sein de la Confédération (25%). Ils ne sont que 4% à penser qu'un nouvel hymne résoudrait le problème.

Pauvreté, aînés et étrangers

Les thèmes de société sont également questionnés. Le rejet de l'Union européenne transparaît très clairement, à un écrasant 85%. La crainte de basculer dans la pauvreté et le souci des aînés également. La couverture du minimum vital est considérée comme une mesure importante, la retraite flexible entre 62 et 72 ans envisageable.

De plus, 64% des personnes accepteraient de payer plus d'impôts si cela permet de mieux prendre en charge des personnes âgées et les personnes handicapées. Par contre, il est hors de question d'utiliser l'argent du contribuable pour financer la coopération au développement, la culture et surtout l'intégration des étrangers (une idée rejetée par 81% des sondés).

La relation aux étrangers est complexe et ambiguë. Un peu plus de la moitié des Suisses a au moins un grand-parent d'origine étrangère, et parmi eux, 22% ne possède aucun aïeul helvétique. Les Suisses sont «plutôt d'accord» sur la contribution des étrangers au succès du modèle suisse. Mais ils rejettent à 75% l'obligation pour une commune d'abriter un centre d'accueil pour requérants d'asile.

Islam mal vu

L'Islam en particulier souffre d'une image négative. Près de 85% des personnes interrogées estiment que c'est une religion qui opprime les femmes et 64% que le Coran est moins tolérant que la Bible. La religion de Mahomet n'est compatible avec la démocratie que pour 21% d'entre eux.

Au chapitre histoire, les Suisses semblent avoir été traumatisés par le «grounding» de Swissair en 2001. Ils sont 36% à vouloir effacer cette page. Cet événement est suivi de la fermeture des frontières vis-à-vis des réfugiés pendant la Seconde Guerre mondiale (32,4%) et le sauvetage d'UBS en 2008 par (31,7%).

Rendez-vous au Théâtre de Vidy

L'enquête représentative s'est déroulée du 28 mai au 15 juin au moyen d'un questionnaire en ligne auprès de 1000 personnes âgées entre 16 et 74 ans.

Une seconde enquête, publique cette fois, a lieu pendant tout le mois de juillet. Les conclusions seront présentées sur le site Internet et discutées lors d'un événement de clôture qui aura lieu le 25 septembre au Théâtre de Vidy à Lausanne, puis en octobre à Zurich. (ats/nxp)

Créé: 01.07.2014, 19h41

S'INSCRIRE À LA NEWSLETTER


Recevez l'actualité quotidienne du "Matin", ainsi que ses offres exclusives.
Choisissez vos newsletters

Publier un nouveau commentaire

Attention, une nouvelle procédure est en place. Vous devez vous inscrire ou mettre à niveau votre profil
"Le Matin" aime les débats. Mais trop d'abus ont lieu dans les forums. La politique pour commenter un sujet a changé. Vous devez créer un compte utilisateur ou compléter votre profil existant avec un numéro de téléphone mobile (vous n'en avez pas? envoyez une demande à l'adresse lm.online@lematin.ch). Nous vous prions d’utiliser votre nom complet. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de penser que de nombreuses personnes vous lisent. Et bon débat!
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.