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Thurgovie Une Suissesse placée de force indemnisée

Pour la première fois en Suisse, une personne placée de force durant son enfance se voit indemnisée pour la disparition de son compte d'épargne 62 ans plus tard.

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Photo d'illustration. Image: Reuters

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Elle a pu prouver que son compte épargne contenait 3525 francs en 1953. On ignore où est passé cet argent géré par un tuteur dans les années 1940 et 1950. Mais aujourd'hui, après que le conseiller d'Etat Claudius Graf-Schelling a formellement présenté des excuses au nom du canton à cette retraitée spoliée de 67 ans, il a fait les comptes. Trois mille cinq cent vingt-cinq francs de l'époque, ce sont 18'000 francs aujourd'hui qui seront versés à Renata Nydegger.

Le cas thurgovien est unique pour l'instant, a indiqué mardi l'archiviste cantonal André Salathé, confirmant une information révélée par le «Blick». Une quarantaine d'anciens enfants thurgoviens placés de force ont pour l'instant demandé à consulter les documents les concernant. Seule la demande de cette retraitée de 67 ans a abouti à la découverte d'un carnet d'épargne disparu.

La sexagénaire a passé son enfance dans une famille d'accueil. Placée sous tutelle, elle a été forcée à travailler sans rémunération.

Excuses du canton

Son père biologique versait 40 francs par mois sur son compte d'épargne. Au final, 3525 francs s'y trouvaient en 1953, selon le dernier décompte recensé dans le carnet. On ignore où est passé cet argent.

En janvier, les archives cantonales ont fourni à la retraitée le document certifiant le dû (ci-dessus). La semaine dernière, le conseiller d'Etat Claudius Graf-Schelling a présenté à cette femme ses excuses au nom du canton. En tenant compte des intérêts, le gouvernement verse 18'000 francs à la victime.

Des dizaines d'autres cas

Des dizaines de personnes dans le même cas sont actuellement à la recherche de l'argent qui leur a été pris, souligne Walter Zwahlen, président de l'association «Netzwerk Verdingt», qui défend les victimes de placements de force. Dans de nombreux cas, les fonds ont été détournés, notamment par des tuteurs.

Au 19e et au 20e siècles, un demi-million d'enfants ont été placés de force et exploités en Suisse. La plupart d'entre eux travaillaient dans des exploitations agricoles sans rémunération. (ats/nxp)

Créé: 17.02.2015, 17h06

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