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Témoignage Swiss snobe un sauveteur du SR111

Traumatisé après avoir repêché les corps des victimes du crash de Swissair à Halifax, en 1998, Daniel Hamelin vit un calvaire quand il prend l’avion. Mais Swiss refuse de lui attribuer le siège qui le rassure.

Image: dr

Ancien marin, Daniel Hamelin avait pris part aux opérations de récupération des corps et des débris de l’appareil après le crash de 1998.

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Voyager en avion, c’est un calvaire pour le Québécois Daniel Hamelin, retraité de l’armée canadienne. Le traumatisme qui a bouleversé sa vie résulte de son engagement au bénéfice de l’ancienne compagnie aérienne: embarqué sur le bateau dépêché sur les lieux du crash du SR111, qui a fait 229 morts le 2 septembre 1998, en Nouvelle-Ecosse, il a repêché les corps dans la baie Saint Margaret, dans l’océan Atlantique, à 11 kilomètres du rivage.

Attestation médicale

«Transporter pendant trois semaines durant des sacs mortuaires dans un conteneur réfrigéré, c’est une tâche qui a chamboulé ma vie», témoigne Daniel Hamelin. Cet ancien matelot de première classe embarqué sur le «NCSM Halifax» des Forces armées canadiennes bénéficie d’une pension de l’armée et d’une rente invalidité. Sa psychiatre a diagnostiqué un stress post-traumatique.

Lâché par sa femme, soutenu par sa famille, Daniel Hamelin a refait sa vie au nord de Montréal. La semaine prochaine, il prévoit de suivre sa compagne à Vérone pour ce qui sera son premier vol outre-Atlantique. Problème: la compagnie Swiss n’a pas accédé à sa demande: pouvoir s’asseoir à l’avant de l’avion, près d’un hublot, avec son accompagnatrice.

«Ce retour d’ascenseur aurait été bien mérité», soupire Daniel Hamelin, qui demandait une zone de confort, mais pas un surclassement. Le comble, c’est que sur les quatre compagnies impliquées dans son voyage, Swiss est la seule inflexible devant l’attestation de sa psychologue qui évoque le crash du SR111.

Les autres compagnies d’accord

«Un siège spécial n’est pas possible» en classe économique à cette date, lui a signifié Swiss vendredi dernier. «Une zone de confort, ce n’est pas un caprice quand on craint une crise de panique au décollage et à l’atterrissage. Air Canada m’a accommodé immédiatement», précise-t-il. Lufthansa a accédé à sa demande samedi dernier alors que Swiss lui propose de passer à ses frais en classe affaires ou d’avancer ou reporter son vol.

S’il avait organisé son voyage, Daniel Hamelin aurait évité la compagnie suisse, dont l’identité augmente son anxiété. Mais c’est l’employeur de sa compagne, sommelière, qui a pris les billets pour une foire aux vins organisée à Vérone. Le 13 mars, il s’envolera malgré tout de Montréal, avec en poche une dose supplémentaire de médicaments en prévision du vol de retour Zurich - Montréal du 29 mars.

Créé: 10.03.2015, 10h58

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